En novembre 1918, deux rescapés des tranchées, Albert Maillard, modeste comptable, et Édouard Péricourt, dessinateur de génie défiguré au combat, se retrouvent démunis dans la France de l'après-guerre. Rejeté par son père et contraint de dissimuler son visage sous des masques fantasques, Édouard imagine avec Albert une arnaque aussi audacieuse que dangereuse autour des monuments aux morts, alors en pleine construction dans tout le pays. Dans le Paris flamboyant des années folles, cette escroquerie va prendre une ampleur incontrôlable, mêlant vengeance, cupidité et rédemption. Leur périple croise celui du lieutenant Pradelle, responsable de crimes de guerre restés impunis.
Au revoir là-haut est l'adaptation du roman éponyme de Pierre Lemaitre, récompensé par le prix Goncourt en 2013, porté à l'écran par Albert Dupontel qui en signe le scénario en étroite collaboration avec l'auteur lui-même. Dupontel explique avoir été profondément marqué par sa lecture du livre, y voyant un pamphlet à peine déguisé contre l'époque contemporaine, dont les personnages cupides et sans scrupules lui semblaient trouver un écho direct dans le monde des multinationales actuelles. L'écriture du scénario a nécessité deux années de travail et treize versions différentes avant d'aboutir à la mouture définitive. Albert Dupontel ne devait initialement pas incarner lui-même le rôle d'Albert Maillard, confié à Bouli Lanners, mais ce dernier a dû se retirer du projet quelques semaines avant le tournage en raison d'un épuisement, contraignant le réalisateur à reprendre le rôle au pied levé.
La critique française a réservé un accueil très favorable au film, saluant la capacité d'Albert Dupontel à condenser un roman dense en un récit vif et équilibré, porté par des interprétations remarquées de Nahuel Pérez Biscayart et Laurent Lafitte, même si certains observateurs ont jugé la mise en scène parfois trop soucieuse de perfection technique au détriment de la respiration des personnages. Le film a également été salué pour sa reconstitution visuelle spectaculaire des tranchées et du Paris des années folles. Le public a réservé un accueil enthousiaste au film, qui a réuni plus de deux millions de spectateurs en salles, confirmant le succès populaire de cette adaptation d'un roman déjà best-seller. Au revoir là-haut a été récompensé de cinq César lors de la 43e cérémonie, dont ceux du meilleur réalisateur, de la meilleure adaptation pour Albert Dupontel et Pierre Lemaitre, de la meilleure photographie, des meilleurs décors et des meilleurs costumes.
Albert Dupontel a été profondément marqué par sa lecture du roman de Pierre Lemaitre, y voyant un pamphlet contre les dérives cupides et sans scrupules de l'époque contemporaine, incarnées selon lui par les grandes multinationales actuelles. L'acteur Bouli Lanners, initialement pressenti pour incarner Albert Maillard, s'est retiré du projet quelques semaines avant le tournage en raison d'un épuisement, contraignant Albert Dupontel à reprendre lui-même ce rôle au pied levé. Le tournage, débuté à Theuville dans le Vexin, s'est étalé sur quatorze semaines entre février et juin 2016, suivi d'une post-production intensive comprenant près de cinq cents plans truffés d'effets visuels. Lors du tournage d'une scène impliquant des tonnes de liège, l'acteur Laurent Lafitte s'est retrouvé enseveli et a vécu, selon ses propres mots, d'interminables secondes qu'il n'est pas près d'oublier.
Au revoir là-haut explore la trahison et l'impunité des puissants dans une société d'après-guerre plus soucieuse d'apparences que de vérité, incarnée par le personnage cynique du lieutenant Pradelle. Le film aborde aussi la reconstruction et la résilience face au traumatisme, à travers le personnage défiguré d'Édouard, ainsi que la fraternité indéfectible née dans les tranchées entre deux hommes que tout semblait séparer avant la guerre.
Le titre Au revoir là-haut, emprunté par Pierre Lemaitre à la dernière lettre du soldat Jean Blanchard, l'un des martyrs de Vingré fusillés pour l'exemple en 1914, résonne comme un adieu poignant adressé à ceux qui ne sont pas revenus des tranchées.
On peut rapprocher Au revoir là-haut d'autres films français sur les séquelles de la Première Guerre mondiale, comme La Vie et rien d'autre de Bertrand Tavernier, ainsi que d'autres adaptations de romans de Pierre Lemaitre.