Jake et Brian sont deux amis d'enfance inséparables qui ont choisi des voies religieuses différentes en devenant respectivement rabbin et prêtre catholique à New York. Leur quotidien et leur vocation sont bouleversés lorsque Anna, leur amie d'enfance commune devenue une brillante femme d'affaires, réapparaît soudainement dans leur vie. Les deux hommes tombent rapidement amoureux d'elle, déclenchant un triangle amoureux complexe qui met à mal leurs vœux religieux et leur amitié historique. Entre obligations professionnelles et sentiments sincères, chacun va devoir faire des choix cruciaux pour son avenir.
Le projet est né d'un scénario original de Stuart Blumberg, un ami proche de l'acteur Edward Norton qui souhaitait explorer les dilemmes de la foi moderne à travers la comédie romantique. L'idée originelle était de traiter des religions de manière respectueuse tout en s'amusant des règles strictes qui régissent la vie des ecclésiastiques au vingt-et-unième siècle. Edward Norton a été tellement séduit par le texte qu'il a décidé d'en faire sa toute première réalisation officielle en tant que metteur en scène. L'inspiration est venue de la diversité culturelle et spirituelle de New York, une ville où se croisent constamment des traditions séculaires et la modernité urbaine. Le film est dédié à la mémoire de la mère d'Edward Norton, décédée peu avant la production.
La presse professionnelle internationale a réservé un accueil globalement positif et chaleureux à cette comédie romantique intelligente lors de sa sortie en salles. De nombreux critiques ont salué l'audace du sujet et la finesse d'Edward Norton pour sa première réalisation derrière la caméra. On a loué l'alchimie évidente du trio d'acteurs principaux et la drôlerie des situations sans jamais tomber dans la caricature religieuse facile. Quelques journalistes ont néanmoins trouvé le film un peu trop long pour le genre. Du côté des spectateurs, le public a été charmé par la tendresse du récit, l'humour des dialogues et le regard bienveillant porté sur la foi et l'amitié. Le long-métrage a réalisé des recettes tout à fait honorables au box-office mondial, trouvant son public principalement dans les zones urbaines. Il n'a pas remporté de grands prix internationaux mais reste une référence aimée du genre.
Le réalisateur s'est inspiré du rythme des grandes comédies sophistiquées de Woody Allen pour filmer les rues et les communautés de New York avec charme. La production a obtenu l'autorisation exceptionnelle de tourner dans de véritables églises catholiques et synagogues de Manhattan pour garantir une authenticité visuelle parfaite aux offices religieux. Lors des scènes de prêches publics, Ben Stiller et Edward Norton ont longuement répété avec de vrais rabbins et prêtres pour adopter les bons gestes et la bonne intonation vocale. Une anecdote raconte que de nombreux figurants lors des scènes de sermon étaient de vrais fidèles des paroisses locales venus assister curieusement au tournage. Concernant le casting, le rôle d'Anna avait initialement été proposé à plusieurs actrices de premier plan avant que Jenna Elfman ne décroche le rôle grâce à son énergie comique lumineuse.
Le long-métrage explore la confrontation entre la foi religieuse et les désirs terrestres, la force de l'amitié masculine mise à l'épreuve de l'amour et le poids des traditions communautaires. Il aborde également la solitude liée au célibat des prêtres et les défis de la modernisation des pratiques religieuses face à la jeunesse.
La conclusion du film voit le prêtre Brian accepter avec maturité et émotion l'histoire d'amour naissante entre son ami Jake et Anna, choisissant de préserver leur amitié commune. Jake parvient à concilier sa communauté et ses sentiments en s'engageant officiellement avec Anna, prouvant que l'amour sincère peut s'intégrer harmonieusement dans une vie dédiée à la spiritualité.
Le titre français souligne que les actions et les dilemmes des deux protagonistes masculins sont entièrement dictés par l'amour et le respect qu'ils portent à la figure lumineuse d'Anna.
Le film demeure une œuvre singulière dans la filmographie d'Edward Norton, souvent rediffusée à la télévision pour son charme indémodable et la qualité de son écriture.
On peut inscrire ce film dans la lignée de comédies romantiques new-yorkaises chorales comme « Quand Harry rencontre Sally » ou de films traitant de la religion avec humour comme « Sister Act ».