Dimanche, 12 juillet 2026
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Arès

Arès

2016 France
Synopsis

Dans une France dystopique des années 2030, la crise économique a créé une société profondément inégalitaire où les plus pauvres sont réduits à vendre leur sang et à participer à des combats clandestins pour survivre. Marco est un ancien combattant MMA dont la carrière est terminée, qui survit dans les bas-fonds de cette France ravagée. Lorsqu'une firme pharmaceutique lui propose de participer à un programme expérimental de dopage, il va entrer dans une spirale de violence et de dépendance qui le mènera aux confins de sa propre humanité. Une science-fiction sociale française sombre et corrosive.

Genèse du film

Genèse du film

Arès est le premier long-métrage de Jean-Patrick Benes, réalisateur et scénariste français qui avait auparavant travaillé dans la comédie populaire en tant que co-auteur de plusieurs films de Kad et Olivier. Ce passage à la science-fiction dystopique est un tournant radical dans sa carrière, témoignant d'une ambition de s'attaquer à un cinéma de genre plus ambitieux et plus politiquement engagé. Le projet s'inspire des grandes dystopies françaises de la littérature et du cinéma — de La Zone du dehors d'Alain Damasio à The Road — tout en cherchant à ancrer son récit dans une réalité française très précise. Les questions de privatisation des services publics, de marchandisation du corps humain et de violence sociale exacerbée par la crise économique sont les fondements idéologiques d'un film qui cherche à dire quelque chose sur la France contemporaine en la projetant dans un futur proche. L'acteur suédois Ola Rapace est choisi pour le rôle principal, apportant au film une dimension internationale.

Critiques et réception

Résumé des critiques professionnelles : La critique française accueille Arès avec un intérêt mêlé de réserves. Le projet est salué pour son ambition et pour la cohérence de son univers dystopique — rare dans la science-fiction française qui a souvent du mal à se mesurer aux productions américaines ou britanniques du genre. Les journalistes reconnaissent la sincérité politique du film et la qualité de sa direction artistique, tout en pointant des faiblesses dans le rythme et une résolution parfois trop conventionnelle pour le sujet traité.

Réception du public : Le film réalise des entrées modestes en France, son positionnement de science-fiction sociale sombre le rendant difficile à vendre à un public large. Il trouve son audience parmi les amateurs de SF française et de cinéma de genre engagé, mais ne parvient pas à toucher au-delà de ce cercle.

Récompenses obtenues : Arès est sélectionné dans plusieurs festivals de science-fiction et de cinéma de genre, notamment au Festival international du film fantastique de Gérardmer, où il est bien reçu.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur : Jean-Patrick Benes s'est inspiré de la tradition du cinéma de science-fiction politique — de Brazil de Terry Gilliam aux films de Paul Verhoeven — pour construire une France dystopique qui soit reconnaissable comme une extrapolation de tendances actuelles plutôt que comme un univers entièrement imaginaire. Il voulait un film qui dérange et qui pose des questions sur la trajectoire de notre société.

Difficultés de production : Construire un univers dystopique crédible avec un budget de cinéma indépendant français représenta un défi de production majeur. L'équipe de direction artistique dut faire preuve d'une grande créativité pour créer un environnement futuriste dégradé avec des moyens très limités, en jouant sur des décors industriels existants et en les modifiant de façon minimale mais efficace.

Anecdote sur une scène particulière : Les séquences de combat MMA ont nécessité une préparation physique importante de la part d'Ola Rapace, qui dut apprendre les techniques de combat et les chorégraphies de violence stylisée propres au cinéma de genre en quelques semaines. Le résultat est l'aspect le plus spectaculaire et le plus maîtrisé du film.

Thèmes abordés

Thèmes abordés

Arès est une dystopie qui dit des vérités très contemporaines sur la marchandisation du corps humain et la violence sociale des sociétés ultra-libérales poussées à leur paroxysme. Le film explore la question de ce qui reste de l'humanité d'un individu quand son corps devient un outil économique — à louer, à modifier, à détruire pour le profit des autres. La dépendance aux substances de performance est traitée comme une métaphore de l'aliénation économique : ces drogues qui te rendent plus efficace te détruisent aussi, exactement comme le système qui t'exploite. Le film aborde aussi la résistance individuelle dans un monde qui ne la permet plus qu'au prix de la vie.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

Explication de la fin

La fin d'Arès voit Marco choisir la résistance au prix de sa propre destruction — une conclusion cohérente avec le propos du film, qui dit que dans un système aussi total et aussi brutal que celui qu'il décrit, la seule dignité possible est parfois de refuser de jouer le jeu jusqu'au bout. La résolution est pessimiste et sans illusion, comme il convient à une dystopie qui cherche à être honnête sur les limites de la résistance individuelle face à des forces systémiques.

Signification du titre

Signification du titre

"Arès" est le nom du dieu grec de la guerre — une figure qui incarne la violence brute et le combat sans idéal. Dans le film, ce prénom donné au programme de dopage qui transforme Marco dit immédiatement que ce qui lui est proposé n'est pas un traitement médical mais une arme, un instrument de destruction aussi bien pour ceux contre qui il se bat que pour lui-même. Le titre dit que la guerre que le système déclare aux plus pauvres n'est pas métaphorique : c'est une guerre réelle.

Actualités

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Arès est aujourd'hui considéré comme l'un des films de science-fiction française les plus ambitieux des années 2010, même s'il est resté confidentiel à sa sortie. Jean-Patrick Benes continue de travailler dans le cinéma et l'audiovisuel français, développant des projets qui confirment son intérêt pour les genres populaires traités avec une ambition artistique et politique. Le film est accessible sur les plateformes de streaming françaises, où il trouve progressivement le public qui lui manquait lors de sa sortie.

Films Similaires

Films Similaires

  • Brazil (1985) de Terry Gilliam — la référence de la dystopie bureaucratique européenne, dont Arès est l'héritier indirect.
  • District 9 (2009) de Neill Blomkamp — une science-fiction sociale qui utilise le genre pour parler de ségrégation et d'exploitation des plus vulnérables.
  • Elysium (2013) de Neill Blomkamp — une dystopie sur l'inégalité extrême entre riches et pauvres dans un futur proche, dans un registre plus spectaculaire.
  • La Zone du dehors (2016) d'Éric Baudelaire — une SF française politique qui partage avec Arès le même désir de critiquer les dérives du libéralisme contemporain.