Gabrielle élève seule sa fille Claire, âgée de dix-sept ans, qui se retrouve enceinte de son petit ami Simon, lui-même refusant catégoriquement d'assumer cette paternité imminente. Déterminée à faire entendre raison au jeune homme, Gabrielle décide de contacter directement son père, Ange, célibataire endurci et séducteur invétéré qui n'a jamais reconnu son fils. Leur première rencontre, explosive, marque le début d'une relation aussi conflictuelle qu'inattendue entre les deux parents que tout oppose. Ensemble, ils vont devoir apprendre à composer avec leurs enfants respectifs tout en réapprivoisant, chacun à leur façon, la notion de responsabilité parentale.
Le film est l'adaptation cinématographique de la pièce de théâtre "L'Éveil du chameau" écrite par Murielle Magellan, amie de longue date de la réalisatrice Anne Giafferi. Cette dernière a été immédiatement séduite par le potentiel cinématographique du texte dès sa lecture, y voyant l'occasion de développer à l'écran la question de la paternité et de la maternité tardives chez des adultes peu enclins à assumer leurs responsabilités familiales. Pour son adaptation, Giafferi a choisi de mettre davantage l'accent sur la relation entre Ange et le fils qu'il refuse initialement de reconnaître, ainsi que sur celle entre Gabrielle et sa fille, plutôt que sur la seule histoire d'amour entre les deux protagonistes principaux de la pièce originale. La réalisatrice, également scénariste reconnue pour des séries télévisées populaires, a voulu conserver la légèreté et le rythme enlevé propres à la comédie tout en abordant des enjeux familiaux plus profonds.
L'accueil critique a été mitigé, certains saluant la légèreté bienveillante du film et la alchimie entre Patrick Bruel et Isabelle Carré, tandis que d'autres ont jugé le scénario prévisible et certains ressorts psychologiques trop simplistes. Plusieurs observateurs ont néanmoins salué la volonté de la réalisatrice de proposer une image différente de la famille recomposée à travers ce duo de parents tardifs.
Le public a réservé un accueil correct au film, les admirateurs de Patrick Bruel appréciant particulièrement de le retrouver dans un registre de comédie romantique légère. Le film a séduit un public familial en quête de divertissement optimiste, porté par le capital sympathie des deux acteurs principaux.
Le film n'a pas été distingué lors des grandes cérémonies de récompenses françaises, restant une comédie romantique populaire sans ambition critique particulière au moment de sa sortie.
Anne Giafferi s'est directement inspirée de la pièce de théâtre de Murielle Magellan ainsi que de sa propre réflexion sur la paternité et la maternité tardives pour construire un scénario mêlant comédie romantique et questionnement familial plus profond.
Le tournage, réalisé en trente-neuf jours entre octobre et novembre 2014 à Paris, a dû composer avec les aléas météorologiques automnaux qui ont compliqué plusieurs scènes en extérieur dans les rues et les petits appartements parisiens utilisés comme décors.
La réalisatrice a particulièrement soigné le découpage de chaque scène en amont du tournage, un travail de préparation minutieux qui a permis à l'équipe technique de travailler efficacement malgré un temps de tournage relativement resserré.
Patrick Bruel et Isabelle Carré ont travaillé leur duo comique dès les répétitions afin d'installer rapidement la tension et la complicité électrique nécessaires à la crédibilité de leur rencontre explosive initiale.
Le film explore la paternité et la maternité tardives, questionnant la capacité d'adultes peu enclins aux responsabilités familiales à se transformer au contact de leurs enfants. Il aborde également la filiation et le refus initial de reconnaissance paternelle, incarné par le personnage d'Ange qui doit apprendre à accepter son propre fils. La famille recomposée et les nouvelles configurations familiales contemporaines traversent l'ensemble du récit, loin des schémas traditionnels. Le film questionne enfin la solitude des célibataires endurcis, suggérant qu'il n'est jamais trop tard pour s'ouvrir à l'amour et à la responsabilité familiale.
À l'issue du film, Ange finit par accepter pleinement sa paternité et se rapproche de son fils Simon, l'aidant à assumer à son tour la venue de son propre enfant plutôt que de reproduire son schéma d'évitement initial. Gabrielle et Ange, après une relation initialement conflictuelle marquée par leurs tempéraments opposés, laissent progressivement place à une complicité amoureuse inattendue entre les deux parents. Cette double résolution, à la fois familiale et sentimentale, referme le récit sur une note résolument optimiste et harmonieuse. Le film se termine ainsi sur la réunion de cette famille recomposée improbable, suggérant que la responsabilité assumée tardivement peut malgré tout donner naissance à des liens sincères et durables.
Le titre "Ange et Gabrielle" associe simplement les prénoms des deux personnages principaux, jouant sur la sonorité presque angélique de leurs noms pour annoncer, non sans ironie, la légèreté et l'esprit de comédie romantique bon enfant qui caractérisent l'ensemble du film.
Le film s'inscrit dans la filmographie de comédies romantiques populaires françaises portées par des têtes d'affiche connues du grand public, un genre qu'Anne Giafferi a continué d'explorer par la suite à travers ses projets pour le cinéma et la télévision.
Un homme à la hauteur (2016), Rock'n Roll (2017), Papa ou maman (2015), Cause toujours ! (2016)