Julie est une femme d'affaires parisienne très organisée qui craint par-dessus tout l'avion. Antoine est un séduisant architecte désinvolte qui se trouve par hasard dans le même vol pour Montréal. Suite à une erreur de réservation, ils se retrouvent côte à côte et sont obligés de cohabiter pendant de longues heures. Ce voyage mouvementé va les confronter à leurs peurs respectives et les faire réagir de manière totalement imprévisible.
Le film n'est pas tiré d'un roman ou d'une histoire vraie, mais d'une idée originale du réalisateur Alexandre Castagnetti et de son coscénariste. L'inspiration originelle est venue d'une simple observation des relations modernes et de la peur universelle de l'avion. Le réalisateur a eu l'idée de créer une bulle temporelle, un huis clos à des milliers de mètres d'altitude, pour forcer deux inconnus à se dévoiler. Il s'est amusé à opposer deux tempéraments radicalement différents pour générer un conflit comique constant. Le scénario a été construit comme une pièce de théâtre, avec des répliques cinglantes et un rythme soutenu. L'équipe créative voulait explorer comment la vulnérabilité physique face à la turbulence révèle la véritable personnalité des individus. Castagnetti s'est inspiré des comédies romantiques américaines des années 2000, en y injectant une dose de sarcasme très français. Le défi était de tenir en haleine le spectateur alors que l'action se déroule à 90 pour cent dans un avion. C'est cette contrainte spatiale qui a rendu l'écriture si stimulante et a obligé les auteurs à creuser les dialogues.
Les critiques professionnelles ont accueilli le film avec une certaine bienveillance, le qualifiant de comédie romantique efficace et bien rythmée. Les journalistes ont salué le dynamisme de la réalisation qui parvient à éviter l'ennui malgré le huis clos de l'avion. La presse a particulièrement apprécié l'alchimie à l'écran entre Ludivine Sagnier et Nicolas Bedos, trouvant leur confrontation très crédible. Cependant, certains chroniqueurs ont regretté un manque d'originalité dans l'intrigue, jugeant le scénario prévisible dans son dénouement. L'humour a été jugé réussi, même s'il peine parfois à masquer les clichés du genre. Le public français a répondu favorablement à cette comédie légère, en faisant un succès commercial modéré mais rentable. Les spectateurs ont été séduits par le côté attachant des personnages principaux, avec qui ils ont facilement pu s'identifier. Beaucoup de téléspectateurs ont admis que le film déclenche une vraie empathie face aux angoisses de vol. Le bouche-à-oreille a surtout fonctionné grâce à quelques scènes d'anthologie devenues très virales sur les réseaux sociaux. Les couples ont particulièrement apprécié ce divertissement sans prétention, parfait pour une soirée détente. Le film a su trouver son audience malgré la concurrence des grosses productions américaines de l'époque. Le film n'a pas reçu de récompenses majeures dans des cérémonies prestigieuses comme les Césars, ce qui est classique pour ce type de comédie grand public. Il a toutefois été nominé dans quelques festivals de cinéma de genre, obtenant une mention honorable pour son scénario. Les acteurs ont été récompensés lors de remises de prix populaires, soulignant la chimie de leur duo. La bande originale a également reçu un petit prix lors d'une cérémonie dédiée à la musique de film française. Ces distinctions mineures ont confirmé la bonne santé de la comédie romantique hexagonale. Au final, la véritable récompense du film reste ses excellents résultats en vidéo à la demande.
Alexandre Castagnetti s'est fortement inspiré des films de Blake Edwards pour trouver le ton juste entre romance et comédie piquante. Il a regardé de nombreuses vidéos de passagers paniqués dans les avions pour rendre les réactions de Ludivine Sagnier les plus authentiques possibles. Le réalisateur voulait que la caméra ressente elle aussi la turbulence, s'inspirant des plans tremblés des films de catastrophe. Cette approche visuelle permet de garder une tension constante même pendant les dialogues les plus calmes. Le plus grand défi technique a été de recréer l'intérieur d'un avion de ligne de manière crédible dans un studio. L'équipe de décoration a dû construire un décor modulable capable de simuler les mouvements de l'appareil. Les acteurs devaient jouer en étant secoués par des vérins hydrauliques placés sous le plateau, ce qui provoquait des nausées. La gestion de la lumière artificielle pour simuler le jour et la nuit à travers les hublots a également été un casse-tête. Le tournage a été très éprouvant physiquement pour l'équipe, confinée dans un espace exigu sur plusieurs semaines. La scène où le personnage de Nicolas Bedos essaie de rassurer Julie pendant une forte secousse a été tournée avec de vraies souffleries industrielles. Ludivine Sagnier avait les yeux rouges et irrités pendant toute la journée à cause du vent artificiel. L'un des figurants jouant le rôle d'un hôte de l'air a glissé sur le sol mouillé et s'est foulé la cheville devant toute l'équipe. Les dialogues de cette séquence ont été en grande partie improvisés par les deux acteurs, ce qui a donné un côté très naturel à la scène. Le rôle d'Antoine a d'abord été proposé à d'autres acteurs plus habitués aux rôles de séducteurs dans le cinéma français. La production hésitait entre plusieurs têtes d'affiche avant de prendre le risque de confier le rôle à Nicolas Bedos. Pour le rôle de Julie, le réalisateur voulait une actrice capable de jouer la comédie tout en restant profondément dramatique. D'autres actrices connues ont refusé le rôle car elles ne voulaient pas jouer une femme hystérique. C'est la conviction de Ludivine Sagnier qui a fini par emporter l'adhésion du studio.
Le film aborde en premier lieu la peur de l'avion, une angoisse très moderne qui touche une grande partie de la population. Cette phobie est utilisée comme une métaphore de la peur de lâcher prise dans la vie amoureuse et professionnelle. L'œuvre explore la notion de contrôle, illustrée par le personnage de Julie qui planifie tout jusqu'à la minute. La turbulence extérieure de l'avion vient détruire cette illusion de sécurité, forçant le personnage à affronter le chaos. La rencontre amoureuse inopinée est un classique du genre, mais elle questionne ici la façon dont nos défauts nous rapprochent des autres. Le thème du masque social est très présent, les deux protagonistes cachant leur véritable personnalité derrière une façade. L'évolution de leur relation montre que la sincérité et la vulnérabilité sont les clés de l'intimité. Le film soulève aussi la question de la compromission en amour, prouvant qu'aimer quelqu'un demande d'accepter ses imperfections. Enfin, le voyage physique vers Montréal se double d'un voyage intérieur obligatoire pour les deux personnages.
À la fin du film, après un atterrissage mouvementé, Julie et Antoine se retrouvent à l'aéroport de Montréal, séparés par les formalités douanières. Antoine réalise soudainement qu'il a laissé échapper la femme qui correspondait parfaitement à lui. Il décide de passer les contrôles de sécurité pour la rattraper, créant un dernier moment de confusion comique. Julie, de son côté, croit avoir tout perdu et se résigne à entamer son voyage d'affaires seule. C'est dans le hall de l'aéroport qu'ils se retrouvent enfin, libérés de la pression de la cabine. Antoine avoue alors ses sentiments sans aucun filtre, abandonnant son attitude de séducteur désinvolte. Julie accepte de se laisser porter par cette romance inattendue, acceptant de ne plus contrôler la situation. Le film se conclut sur des images de leur nouvelle vie commune à Paris, montrant qu'ils ont su surmonter leurs peurs respectives. Cette fin optimiste vient récompenser l'évolution des deux personnages qui ont su grandir grâce à leur rencontre. Le spectateur comprend que ce vol chaotique était en fait le meilleur truc qui puisse leur arriver.
Le titre "Amour et Turbulences" joue sur un double sens très évident mais efficace pour résumer l'intrigue. Le mot "turbulences" désigne littéralement les secousses que subit l'avion durant le vol, créant le cadre de l'histoire. Mais il évoque surtout les aléas et les crises que traverse toute relation amoureuse naissante. Le mot "amour" pose d'emblée le contrat du genre, promettant au spectateur une fin heureuse malgré les obstacles. L'association des deux termes suggère que les périodes de crise sont souvent nécessaires pour faire avancer une relation. Ce titre très classique pour une comédie romantique française a l'avantage d'être immédiatement compréhensible pour le public cible. Il ne cherche pas à être original, mais à vendre un produit cinématographique clair et rassurant. Les turbulences agissent ici comme un catalyseur physique pour l'amour, accélérant un processus de séduction qui aurait pris des mois dans la vraie vie. Le titre insiste également sur le côté mouvementé et imprévisible de la vie de couple. C'est une promesse de divertissement sans prise de tête, fidèle au ton général du long-métrage.