Chris Kyle, tireur d'élite au sein des Navy SEALs, effectue quatre missions en Irak durant lesquelles il devient le sniper le plus meurtrier de l'histoire militaire américaine. Sur le terrain, il protège ses camarades au prix d'un tribut psychologique de plus en plus lourd, tandis que sa femme Taya l'attend et s'inquiète à chaque retour au pays. Entre les combats, les pertes de camarades et les permissions de plus en plus difficiles à vivre, Chris se transforme progressivement en héros hanté par la guerre. Le film retrace son parcours du champ de bataille jusqu'à sa tentative de réinsertion dans une vie civile qu'il ne parvient plus vraiment à habiter.
Le film est adapté de l'autobiographie de Chris Kyle, tireur d'élite réel des Navy SEALs, publiée quelques années avant sa mort tragique. Le projet est porté à l'écran après l'acquisition des droits par Bradley Cooper lui-même, qui souhaite depuis longtemps incarner un personnage de vétéran confronté au traumatisme du combat. Clint Eastwood, alors âgé de plus de quatre-vingts ans, reprend le projet après le départ d'un précédent réalisateur, séduit par la dimension humaine et morale de cette histoire de guerre. Le cinéaste choisit délibérément de ne pas prendre position politique sur le conflit irakien, préférant se concentrer sur le vécu intime d'un soldat et les conséquences psychologiques de la guerre sur sa vie de famille. Bradley Cooper se prépare intensément au rôle, prenant près de vingt kilos de masse musculaire et travaillant son accent texan pour incarner au plus près la personnalité réelle de Chris Kyle. Le tournage a lieu principalement au Maroc, qui sert de décor de substitution aux paysages urbains irakiens. Eastwood impose un rythme de tournage particulièrement rapide, fidèle à sa réputation de réalisateur économe en prises et en temps.
Le film divise fortement la critique dès sa sortie, certains saluant la performance intense de Bradley Cooper et la mise en scène efficace de Clint Eastwood, tandis que d'autres reprochent au film une vision jugée trop unilatérale du conflit irakien et de la figure de Chris Kyle. Plusieurs critiques soulignent néanmoins la qualité des séquences de combat, d'un réalisme rarement atteint dans ce type de production. Le débat critique dépasse rapidement le cadre cinématographique pour devenir un véritable sujet de controverse politique aux États-Unis. Le public réserve en revanche un accueil exceptionnel au film, qui devient le plus grand succès au box-office de l'année 2014 aux États-Unis et l'un des plus gros succès de guerre de l'histoire du box-office américain. Le film suscite une identification très forte auprès du public vétéran et militaire, qui salue la représentation du traumatisme post-combat. Cette popularité massive contraste avec les réserves exprimées par une partie de la critique. Bradley Cooper obtient une nomination à l'Oscar du meilleur acteur pour sa performance, tandis que le film reçoit également une nomination à l'Oscar du meilleur film et remporte l'Oscar du meilleur mixage sonore.
Bradley Cooper a suivi un entraînement physique intensif pendant plusieurs mois afin de prendre la masse musculaire nécessaire à l'incarnation crédible d'un Navy SEAL, tout en rencontrant longuement la veuve de Chris Kyle pour s'imprégner de la personnalité réelle du soldat. Cette préparation a également inclus un travail approfondi sur l'accent et les intonations texanes du personnage. Clint Eastwood, connu pour tourner rapidement et avec un minimum de prises, a maintenu ce rythme de production malgré la complexité technique des scènes de combat urbain. Le tournage s'est déroulé principalement au Maroc, où l'équipe a reconstitué des rues irakiennes à l'aide de décors et d'une figuration locale importante.
Le film explore le traumatisme psychologique durable causé par la guerre, notamment le syndrome de stress post-traumatique qui affecte silencieusement les soldats de retour au pays. Il questionne également la construction du héros de guerre dans la culture américaine, entre admiration collective et souffrance individuelle largement invisible. La difficulté de réintégrer une vie familiale normale après plusieurs déploiements successifs constitue un autre axe majeur du récit. Enfin, le film interroge, sans jamais trancher explicitement, la légitimité et le prix humain des interventions militaires américaines à l'étranger.
De retour définitivement chez lui, Chris Kyle parvient progressivement à se reconstruire auprès de sa famille et se consacre à l'accompagnement d'autres vétérans souffrant de stress post-traumatique. Le film se conclut cependant sur un carton annonçant sa mort tragique, tué par un ancien soldat qu'il tentait justement d'aider, un événement survenu peu après le tournage et qui donne une résonance particulièrement poignante à l'ensemble du récit. Cette fin abrupte souligne la fragilité de toute reconstruction après la guerre, même pour celui qui semblait être parvenu à surmonter ses traumatismes.
Le titre American Sniper désigne directement Chris Kyle, devenu le tireur d'élite le plus meurtrier de l'histoire militaire américaine, et souligne d'emblée la dimension à la fois héroïque et tragique du personnage que le film s'attache à décrire.
American Sniper reste régulièrement évoqué dans les débats consacrés à la représentation cinématographique de la guerre en Irak et à la figure du vétéran américain. Le film continue de susciter des discussions contrastées entre son statut de succès populaire massif et les critiques persistantes sur son traitement du conflit.
Les amateurs du film pourront apprécier Démineurs pour son immersion dans le quotidien des soldats en Irak, Jarhead pour sa description de l'attente et de la tension militaire, ou encore Né un 4 juillet pour son traitement du retour traumatique d'un vétéran à la vie civile.