Un homme solitaire navigue seul à bord de son voilier au beau milieu de l'océan Indien lorsqu'une collision avec un conteneur à la dérive endommage gravement sa coque. Sans aucun moyen de communication fonctionnel, il doit faire face seul à une succession d'épreuves de plus en plus dramatiques, entre voies d'eau, tempêtes violentes et matériel défaillant. Sa détermination et son ingéniosité sont mises à rude épreuve tandis que ses réserves de nourriture et d'eau s'amenuisent inexorablement. Ce combat solitaire pour la survie devient une véritable épopée silencieuse contre les éléments.
Le réalisateur J.C. Chandor souhaitait relever le défi radical de raconter une histoire de survie presque entièrement dépourvue de dialogues, misant tout sur l'expressivité physique de son unique acteur et sur la tension visuelle de la mise en scène. L'idée originale du scénario reposait sur l'envie de Chandor de dépeindre la lutte silencieuse et digne d'un homme confronté à sa propre finitude face à la puissance indifférente de la nature. Le cinéaste voulait offrir à Robert Redford, alors âgé de plus de soixante-dix ans, un rôle d'une exigence physique rare, entièrement construit sur le langage corporel plutôt que sur le texte. Chandor s'est également inspiré de son propre intérêt pour la navigation et les récits de survie en mer pour construire l'authenticité technique du film.
La critique internationale salue unanimement la performance quasi muette de Robert Redford, considérée par de nombreux observateurs comme l'une des plus grandes de sa carrière, ainsi que la maîtrise formelle radicale de J.C. Chandor. Le film est comparé à une véritable expérience de cinéma pur, où l'image et le son remplacent entièrement le dialogue traditionnel. Il est considéré comme l'une des œuvres les plus audacieuses du cinéma américain indépendant de sa décennie. Le public réserve un accueil favorable mais plus confidentiel au film, son dispositif radical et l'absence quasi totale de dialogues ayant pu dérouter une partie du public habitué à des récits plus conventionnels. Il devient néanmoins un succès critique notable et acquiert une réputation durable auprès des cinéphiles exigeants. Le film reste une référence du genre du survival minimaliste au cinéma. Robert Redford obtient le prix du meilleur acteur de la National Board of Review ainsi qu'une nomination au Golden Globe du meilleur acteur dramatique pour sa performance dans ce film.
J.C. Chandor s'est inspiré de son propre intérêt pour la voile et de récits authentiques de survie en mer pour construire un scénario d'une grande précision technique quant aux gestes de navigation et de réparation effectués par le personnage. Le tournage, réalisé en grande partie dans un immense bassin d'eau spécialement construit pour l'occasion, a représenté un défi physique et logistique considérable pour Robert Redford, alors âgé de soixante-dix-sept ans, contraint d'effectuer lui-même la quasi-totalité des cascades et des scènes aquatiques. La gestion des nombreuses scènes de tempête, nécessitant des vagues artificielles puissantes, a demandé une coordination technique importante pour garantir la sécurité de l'acteur unique du film. Robert Redford a suivi un entraînement intensif de voile et de plongée avant le tournage pour incarner de façon crédible ce marin expérimenté confronté à une situation de survie extrême.
Le film explore la résilience et l'ingéniosité humaine face à l'adversité la plus totale, dépeinte à travers un homme seul luttant méthodiquement pour sa survie. Il aborde également l'indifférence de la nature face à la fragilité humaine, thème central de tout récit de survie en milieu extrême. Le silence et l'introspection, en l'absence quasi totale de dialogue, traversent également tout le récit, offrant une réflexion muette sur la solitude et la mortalité.
Après avoir épuisé toutes ses ressources et ses tentatives de sauvetage, l'homme, à bout de forces, met le feu à son dernier radeau de survie en pleine nuit pour attirer l'attention d'un navire au loin. Le film se termine sur une scène volontairement ambiguë où il coule dans l'obscurité avant qu'une main mystérieuse ne l'attrape depuis la surface, laissant le spectateur libre d'interpréter cette fin comme un sauvetage in extremis ou comme une vision finale précédant la mort.
Le titre, All Is Lost, reprend les mots utilisés par le personnage dans l'unique lettre qu'il rédige au cours du film, admettant avec une lucidité résignée que tout semble perdu, avant de poursuivre malgré tout sa lutte acharnée pour la survie.
Les amateurs de ce film pourront se tourner vers Seul au monde avec Tom Hanks pour son traitement également solitaire de la survie extrême, ou vers Gravity d'Alfonso Cuarón pour son exploration comparable de l'isolement face à un environnement hostile.