En 2004, la compagnie Weyland Corporation détecte une source de chaleur sous la glace de l'Antarctique qui semble indiquer la présence d'une pyramide ancienne enfouie. Une expédition composée de scientifiques, d'archéologues et de mercenaires est envoyée sur place pour explorer ce qui pourrait être la découverte du siècle. Mais à peine entrée dans la pyramide, l'équipe réalise qu'elle est prise au piège dans un terrain de chasse extraterrestre millénaire — où les Aliens servent de proies aux Predators dans un rituel de passage à l'âge adulte qui a lieu tous les cent ans.
Alien vs Predator est l'aboutissement cinématographique d'un crossover qui existait depuis plus de quinze ans dans d'autres médias. C'est le dessinateur de bande dessinée Chris Warner qui avait eu l'idée le premier, en 1989, de confronter les deux créatures emblématiques des franchises respectives de Ridley Scott et John McTiernan dans une série de comics Dark Horse. Ces comics avaient connu un immense succès, engendrant des romans, des jeux vidéo et une série de figurines avant que le projet de film ne se concrétise. La scène post-générique de Predator 2 (1990), montrant un crâne d'Alien dans le vaisseau des Predators, avait depuis longtemps alimenté les spéculations des fans sur un éventuel crossover cinématographique. Paul W.S. Anderson, qui venait d'adapter Resident Evil, a été choisi pour sa capacité à travailler avec des franchises de genre et son goût pour l'action dans des espaces confinés. Anderson a écrit un scénario qui cherchait à créer une mythologie originale reliant les deux univers — notamment l'idée que les Predators avaient jadis visité la Terre et enseigné aux humains la construction de pyramides — une façon de justifier la rencontre entre les deux créatures dans un cadre archéologique.
Résumé des critiques professionnelles : La critique a été très sévère avec Alien vs Predator, reprochant au film de trahir les deux franchises dont il était issu en les réduisant à une série d'affrontements sans tension ni enjeu véritable. La comparaison avec les films originaux — la rigueur horrifique d'Alien de Ridley Scott, la tension de Predator de John McTiernan — rendait le film d'Anderson d'autant plus décevant. La classification PG-13 plutôt que R-rated a été particulièrement critiquée, privant le film de la violence et de la tension qui avaient fait la réputation des deux franchises.
Réception du public : Malgré les critiques très négatives, le film a réalisé d'excellentes recettes commerciales, récoltant plus de 172 millions de dollars dans le monde pour un budget d'environ 60 millions. Les fans des deux franchises et le grand public friand de films de monstres ont plébiscité le concept du crossover, même en trouvant le résultat décevant. Le succès commercial a immédiatement engendré une suite, Alien vs Predator - Requiem (2007).
Récompenses obtenues : Le film n'a reçu aucune distinction notable dans les grandes cérémonies. Il a cependant été nommé dans des catégories liées aux effets visuels dans des publications spécialisées.
Inspirations du réalisateur : Paul W.S. Anderson a déclaré s'être inspiré des récits de chasseurs de l'Antiquité et des mythologies sur des rituels de chasse pour développer la mythologie des Predators dans le film. Il voulait que la pyramide soit un espace qui change et se reconfigure — une idée empruntée aux labyrinthes de la mythologie grecque — pour créer une tension spatiale continue.
Difficultés de production : La création des Aliens et des Predators en grand nombre pour les séquences d'affrontement a nécessité un mélange complexe de créatures mécaniques, de costumes habités par des acteurs et d'effets numériques. Coordonner les interactions entre les deux types de créatures dans des espaces confinés tout en maintenant une lisibilité de l'action a été l'un des principaux défis techniques du film.
Anecdote sur une scène particulière : La séquence finale où l'héroïne Lex se retrouve alliée à un Predator contre les Aliens — les deux créatures jadis ennemies faisant front commun — a demandé un travail important sur le langage corporel et la communication non verbale entre les deux entités, pour rendre crédible une alliance entre une humaine et un chasseur extraterrestre.
Alien vs Predator s'appuie sur la mythologie de la rencontre entre l'homme et des êtres supérieurs qui l'ont jadis influencé — une relecture des théories des "astronautes anciens" qui supposent que les grandes constructions de l'Antiquité auraient été aidées par des visiteurs extraterrestres. Le film questionne la notion de prédateur et de proie dans un contexte où l'humanité, habituée à se penser au sommet de la chaîne alimentaire, se retrouve prise en sandwich entre deux espèces bien plus puissantes. La survie comme instinct premier est le moteur de l'action — l'héroïne Lex doit apprendre à lire les règles d'un jeu dont elle n'est pas prévue comme actrice mais comme décor. L'alliance improbable entre humain et Predator pose la question de ce qui peut transcender les différences les plus radicales.
La fin d'Alien vs Predator voit Lex et le Predator qui l'a temporairement adoptée comme alliée affronter la Reine Alien dans une confrontation finale sous la glace de l'Antarctique. La victoire est obtenue au prix de la vie du Predator, et le vaisseau de sa tribu récupère son corps. Dans une ultime scène post-générique, on découvre qu'un Alien hybride émerge de la dépouille du Predator — une façon d'ouvrir la porte à une suite et d'affirmer que le cycle de la chasse n'est jamais vraiment terminé.
Le titre Alien vs Predator (souvent abrégé AVP) est d'une clarté absolue : il annonce le crossover entre les deux franchises et la promesse d'un affrontement entre les deux créatures emblématiques. "vs" (versus, "contre") est la formule des combats sportifs et des films de catch, ce qui situe d'emblée le film dans le registre du spectacle de divertissement plutôt que dans celui de la science-fiction atmosphérique. Ce titre-programme a fonctionné comme une promesse commerciale suffisamment puissante pour attirer des millions de spectateurs malgré les critiques négatives.
La franchise AVP a connu une suite en 2007, jugée encore moins bien que le premier volet. Depuis lors, les deux franchises ont été relancées séparément — Prometheus (2012) et Alien: Covenant (2017) d'un côté, The Predator (2018) et Prey (2022) de l'autre. Un nouvel Alien (Alien: Romulus) est sorti en 2024. Le film d'Anderson est disponible sur les plateformes de streaming.