Après avoir passé plusieurs années à naviguer sur les mers du globe, Alice Kingsleigh est de retour à Londres où elle fait face à de lourdes contraintes sociales. C'est alors qu'elle traverse un miroir magique pour revenir au Pays des Merveilles, un royaume désormais menacé par la folie du Chapelier Fou. Pour sauver son ami le plus cher, Alice doit s'emparer de la Chronosphère, un globe métallique secret détenu par le Temps lui-même. Elle se lance dans une course contre la montre à travers le passé pour modifier le cours du destin.
Ce blockbuster fantastique est la suite directe du film réalisé par Tim Burton en 2010, s'inspirant librement du roman éponyme de Lewis Carroll. L'idée originelle de la production était d'explorer l'arbre généalogique des personnages cultes et d'apporter une dimension plus émotionnelle à l'univers visuel originel. Le réalisateur James Bobin a hérité du projet avec l'ambition d'injecter une bonne dose d'humour et de dynamisme typiquement britanniques. Il a puisé son inspiration dans les illustrations originales de John Tenniel pour concevoir les nouveaux personnages comme le Temps. La production a bénéficié d'effets visuels numériques colossaux pour donner vie à ce voyage temporel magique.
La presse professionnelle internationale s'est montrée particulièrement sévère et divisée lors de la sortie de cette superproduction. Les critiques ont loué l'extravagance des décors et la performance excentrique de Sacha Baron Cohen dans le rôle du Temps. Cependant, de nombreux journalistes ont regretté un scénario surchargé d'effets numériques au détriment de la poésie absurde de Lewis Carroll. Du côté des spectateurs, les avis ont été plus cléments, les familles et le jeune public saluant le grand spectacle visuel et l'action trépidante. Les fans de Johnny Depp ont apprécié retrouver le Chapelier Fou sous un angle plus vulnérable. Le film a réalisé des recettes honorables à l'échelle mondiale mais bien en deçà du premier opus.
Le metteur en scène s'est inspiré des théories de l'horlogerie ancienne et du mouvement steampunk pour concevoir le château et le costume du Temps. Le tournage s'est déroulé dans les studios de Shepperton en Angleterre, où d'immenses fonds verts ont été installés pour les scènes numériques. Une anecdote de tournage rapporte que ce long-métrage marque la toute dernière performance vocale du regretté Alan Rickman, qui double la chenille Absolem. Les costumes extravagants ont nécessité des centaines d'heures de travail artisanal en coulisses. Pour le casting, le retour de l'ensemble de la distribution originale était une condition sine qua non imposée par les studios Disney.
Le film explore de manière centrale les thèmes du temps qui passe, de la fatalité du passé et de l'importance des liens familiaux. Il aborde également la condition de la femme indépendante au dix-neuvième siècle et la folie comme mécanisme de défense face au deuil.
La fin du film voit Alice réussir à replacer la Chronosphère in extremis, évitant ainsi la congélation définitive et l'effondrement du Pays des Merveilles. Elle parvient à réconcilier la Reine Rouge et la Reine Blanche en dévoilant la vérité sur leur enfance commune. De retour dans le monde réel, Alice refuse de céder son navire et s'associe avec sa mère pour monter leur propre compagnie maritime, assumant pleinement sa liberté.
Le titre fait référence à l'objet magique qui sert de portail dimensionnel, symbolisant le passage de la réalité rationnelle vers le monde de l'inconscient et de l'imaginaire débridé.
La bande originale du film bénéficie d'une mention spéciale grâce au travail grandiose du compositeur Danny Elfman, qui livre des thèmes féeriques d'une puissance orchestrale remarquable, magnifiés par la chanson phare « Just Like Fire » interprétée par la chanteuse Pink.
Le film est aujourd'hui un classique des fêtes de fin d'année sur les plateformes de streaming et fait régulièrement l'objet de rediffusions télévisées à destination du jeune public.
On peut associer ce long-métrage à d'autres grandes aventures fantastiques et colorées de Disney comme « Le Monde de Narnia » ou « Maléfique ».