Le Concorde, fleuron de l'aviation franco-britannique, effectue un vol inaugural prestigieux entre Washington et Moscou via Paris avec à son bord des personnalités de premier plan. Parmi les passagers, une journaliste détient des documents compromettants sur un puissant trafiquant d'armes américain, bien décidé à détruire l'avion pour faire taire le témoin. Le capitaine Paul Metrand et son copilote se retrouvent alors contraints d'engager le supersonique dans des manœuvres acrobatiques impensables pour échapper à des attaques de missiles et à des avions de chasse. Coincés à Mach 2, l'équipage et les passagers entament une course contre la montre mortelle au-dessus de l'océan.
Le projet est né du désir des producteurs d'Universal de clore la ténalogie à succès des films "Airport" en frappant un grand coup grâce à l'avion le plus célèbre et le plus rapide de l'époque : le Concorde. L'idée originelle est venue du scénariste Eric Roth, qui souhaitait mêler le film catastrophe traditionnel à une intrigue d'espionnage international digne de la guerre froide. Le réalisateur David Lowell Rich a trouvé son inspiration dans l'esthétique futuriste du supersonique, y voyant le théâtre idéal pour un suspense à haute altitude. Le développement du script a nécessité l'accord et la collaboration technique d'Air France, qui a vu dans ce film une occasion unique de promouvoir son appareil vedette auprès du public américain. L'écriture s'est construite autour de l'affrontement entre la technologie aéronautique la plus avancée et le cynisme d'un complexe militaro-industriel corrompu. Le script a été pensé dès le départ pour intégrer une star européenne afin de donner une dimension internationale au projet.
La critique professionnelle a accueilli le film avec une ironie mordante, qualifiant souvent les manœuvres aériennes du Concorde d'exagérées et scientifiquement impossibles. Les journalistes ont néanmoins souligné le charme indéniable d'Alain Delon, qui apportait une touche d'élégance européenne bienvenue à cette production très hollywoodienne. La presse spécialisée a regretté que les effets spéciaux à base de maquettes soient parfois trop visibles à l'écran, nuisant à la crédibilité de l'action. Le film est aujourd'hui souvent qualifié d'œuvre kitsch mais hautement divertissante.
Le public a réservé un accueil curieux et amusé à ce quatrième volet, attiré par la promesse de voir le Concorde faire des loopings pour esquiver des missiles. Bien que les scores au box-office américain aient été inférieurs aux précédents opus, le film a réalisé de superbes performances en Europe et en Asie grâce à la présence charismatique d'Alain Delon. Les spectateurs ont savouré le rythme effréné de l'action et le défilé de stars typique de ces productions. L'œuvre s'est installée au fil du temps comme un plaisir coupable pour les amateurs de nanars haut de gamme.
Le long-métrage n'a pas décroché de distinctions lors des grandes cérémonies artistiques hollywoodiennes et a même été nommé dans plusieurs listes rétro de films involontairement comiques. Il a cependant obtenu un succès d'estime auprès des cercles de passionnés d'aviation pour la beauté des plans réels de l'appareil au décollage et à l'atterrissage. Aucune statuette n'est venue couronner la production, mais sa longévité dans les grilles de programmes télévisés témoigne de son impact populaire persistant.
David Lowell Rich a souhaité filmer de véritables séquences de vol du Concorde, envoyant des équipes de seconde équipe à l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle pour capter l'élégance de l'oiseau de lignes. Pour les scènes d'action militaire, il s'est inspiré des techniques de cadrage des films de combat de la Seconde Guerre mondiale pour dynamiser les mouvements du lourd avion de ligne face aux chasseurs agiles. L'esthétique visuelle joue constamment sur la vitesse et la modernité des décors intérieurs.
La production a dû faire face à des contraintes techniques majeures, les dimensions exiguës de la véritable cabine du Concorde empêchant le déploiement des lourdes caméras de cinéma de l'époque. Les décorateurs ont dû reconstruire une réplique exacte en studio mais légèrement élargie pour permettre aux techniciens de circuler entre les sièges. Le tournage des scènes d'atterrissage d'urgence dans la neige des Alpes a également nécessité des trésors d'ingéniosité de la part des techniciens des effets physiques.
Une anecdote de tournage mémorable concerne Alain Delon, qui ne parlait pas parfaitement l'anglais technique de l'aviation et qui a dû apprendre ses répliques phonétiquement pour avoir l'air d'un commandant de bord chevronné. Lors d'une scène mémorable où il doit ouvrir la vitre du cockpit en plein vol pour tirer sur un drone avec un pistolet de détresse, l'acteur a gardé un sérieux imperturbable malgré le ridicule de la situation. Cette séquence est entrée directement dans la légende du cinéma de genre.
Le casting a marqué le retour pour la quatrième fois de George Kennedy dans le rôle de Joe Patroni, devenu pour l'occasion le mécanicien navigant du supersonique. Susan Blakely a été choisie pour incarner la journaliste traquée, apportant une touche de glamour dramatique indispensable. La présence de la star du cinéma muet Sylvia Kristel a complété cette distribution hétéroclite qui mélangeait les nationalités pour séduire le marché mondial. Ce mélange des genres a donné au plateau une ambiance unique.
Le long-métrage aborde la thématique de la cupidité corporatiste capable de sacrifier des innocents pour préserver des secrets financiers, ainsi que la fascination pour la vitesse et le progrès technologique de la fin des années soixante-dix. Il explore également le thème de la coopération internationale à travers l'alliance de pilotes français et américains face à un danger commun. Le suspense aérien sert ici de métaphore à la fragilité des ambitions humaines face à la violence des armes.
La fin du film met en scène un atterrissage catastrophe d'une incroyable violence sur une piste de ski recouverte de neige dans les Alpes autrichiennes, après que la carlingue de l'avion s'est ouverte en plein vol. Grâce au génie de Paul Metrand, le Concorde glisse sur le ventre et s'immobilise juste avant de basculer dans un ravin, permettant l'évacuation in extremis de tous les passagers avant l'explosion finale de l'appareil. Les survivants s'éloignent dans la neige alors que les secours arrivent, scellant la défaite du trafiquant d'armes dont les crimes sont enfin révélés. Cette conclusion spectaculaire ferme définitivement la saga aéronautique culte.
Le titre français combine habilement le nom de la franchise catastrophe à succès "Airport" avec l'année de sortie projetée et le nom de l'appareil vedette, soulignant l'exclusivité de cette aventure supersonique. Il promet au spectateur une mise à jour moderne et ultra-rapide des codes du genre en utilisant le Concorde comme argument commercial principal. Le titre annonce une expérience cinématographique au sommet de la technologie aéronautique de l'époque.
La bande originale a été signée par le célèbre compositeur argentin Lalo Schifrin, qui a insufflé au film une énergie jazzy et pop typique de son style, mêlée à des cuivres héroïques pour le Concorde. Sa musique de générique, moderne et rythmée, donne au long-métrage un parfum de film d'espionnage dynamique qui tranche agréablement avec les partitions catastrophes plus traditionnelles.
Le film est aujourd'hui devenu un jalon mémorable de la pop-culture pour ses scènes d'action jugées délicieusement invraisemblables et fait l'objet de nombreuses diffusions sur les chaînes de télévision dédiées au cinéma rétro. Il suscite toujours l'intérêt des passionnés d'aviation pour les images d'époque du Concorde d'Air France. Son statut d'œuvre culte ne cesse de se renforcer auprès des amateurs de cinéma de genre.
Ce thriller aérien s'inscrira directement dans la lignée des autres films de la franchise comme "Airport 77" (Les Naufragés du 747) ou le film original de 1970. On peut également le rapprocher de productions d'action contemporaines comme "Y a-t-il un pilote dans l'avion ?" qui parodiera d'ailleurs directement plusieurs de ses scènes cultes.