À Séville, Juan, membre de la famille de délinquants Santos, purge une peine de prison lorsqu'il obtient une permission de sortie pour assister à la première communion de sa fille Estrella. Le soir des préparatifs, sa femme, sa fille et lui sont violemment percutés par un véhicule lancé à vive allure qui prend la fuite, tuant la fillette sur le coup. Eli, une jeune inspectrice chargée de l'enquête, découvre rapidement des liens troubles entre cet accident et un règlement de comptes survenu peu avant dans le même quartier. L'affrontement entre les familles Santos et Taboa, sur fond de trafic de stupéfiants et de corruption policière, va emporter tout le monde dans une spirale de vengeance.
Adios n'est pas tiré d'un fait réel précis, mais d'un scénario original écrit par José Rodríguez Suárez, alors livreur de pâtisseries dans la région de Séville, en collaboration avec Carmen Jiménez. Rodríguez Suárez avait envoyé son scénario directement au réalisateur Paco Cabezas, qui, enchanté par le texte, a cherché à le joindre par téléphone : ce dernier, pensant à un canular de ses amis, avait d'abord raccroché à deux reprises avant de comprendre qu'il s'agissait bien d'un appel du cinéaste. Paco Cabezas, natif de Séville mais installé depuis plusieurs années à Los Angeles où il avait travaillé sur des séries américaines comme Penny Dreadful ou Fear the Walking Dead, a saisi l'occasion de revenir tourner dans sa ville natale. Il a choisi le quartier réel et difficile de Las Tres Mil Viviendas comme décor principal du film, un choix motivé par sa volonté de filmer un drame social ancré dans une réalité urbaine qu'il connaissait intimement.
Adios a reçu un accueil critique contrasté, certains observateurs saluant les performances intenses de Mario Casas et Ruth Díaz ainsi que la photographie soignée du film, tandis que d'autres ont reproché au récit de multiplier les intrigues secondaires au point de nuire à sa lisibilité générale.
Le public espagnol s'est montré partagé face à ce thriller social violent, certains spectateurs saluant l'ambiance sombre et la reconstitution crédible des quartiers défavorisés de Séville, d'autres regrettant un scénario jugé trop classique dans son traitement des codes du polar de vengeance.
Le film a obtenu trois nominations aux prix Goya 2020, les principales récompenses du cinéma espagnol, confirmant une reconnaissance critique honorable sans toutefois se hisser parmi les grands lauréats de cette édition.
Paco Cabezas s'est directement inspiré du scénario original envoyé par José Rodríguez Suárez, un livreur de pâtisseries sévillan devenu scénariste, une anecdote de découverte assez rare dans l'industrie du cinéma espagnol contemporain.
Le tournage dans le quartier réel de Las Tres Mil Viviendas, l'un des plus défavorisés de Séville, a représenté un défi de production important pour restituer avec authenticité l'atmosphère sociale et urbaine décrite dans le scénario.
Mario Casas et Ruth Díaz, qui avaient déjà collaboré avec Paco Cabezas sur ses précédents films respectifs Carne de neón et Aparecidos, ont retrouvé le réalisateur pour ce nouveau projet, une fidélité qui a facilité la confiance nécessaire aux scènes les plus dramatiques du film.
Adios explore la vengeance et le deuil d'un père ayant perdu sa fille dans des circonstances troubles, ainsi que la corruption policière et les guerres de clans dans les quartiers défavorisés de Séville. Le film aborde également le poids de l'hérédité criminelle et la difficulté à échapper à un milieu social et familial marqué par la délinquance, malgré la volonté de rédemption de certains personnages.
Le film se conclut sur la résolution du réseau de mensonges et de corruption ayant conduit à la mort de la petite Estrella, révélant les liens troubles entre l'accident, le règlement de comptes initial et la corruption de certains membres de la police locale. Le dénouement, marqué par une violence à la hauteur de l'affrontement entre les familles Santos et Taboa, souligne l'impossibilité pour Juan d'échapper totalement à la spirale de vengeance dans laquelle son milieu d'origine l'a inexorablement entraîné.
Le titre Adios, littéralement adieu en espagnol, renvoie directement au deuil de la petite Estrella, dont la mort brutale ouvre et hante l'ensemble du récit. Ce simple mot d'adieu résume la tonalité funèbre et vengeresse du film, où chaque personnage semble dire adieu à une part de son innocence ou de son humanité au fil de l'engrenage de violence qui se met en place.
Après sa première mondiale au Festival de San Sebastián en 2019, Adios est sorti en salles françaises en juin 2021, confirmant la reconnaissance internationale progressive de Paco Cabezas au sein du cinéma de genre espagnol. Le film continue d'être régulièrement cité parmi les meilleures productions du polar social espagnol contemporain.
Adios s'inscrit dans la tradition du thriller social espagnol centré sur les guerres de clans et la corruption policière dans les quartiers défavorisés. Il peut être rapproché d'autres films de vengeance mettant en scène un père endeuillé prêt à tout pour découvrir la vérité sur la mort d'un enfant.