Lors d'une crise internationale menaçant de dégénérer en guerre nucléaire, une équipe de plongeurs civils travaillant sur une plateforme pétrolière sous-marine est réquisitionnée pour participer au sauvetage d'un sous-marin américain coulé à grande profondeur dans une fosse océanique mystérieuse. Accompagnés d'un détachement militaire dont les intentions deviennent de plus en plus inquiétantes, les plongeurs découvrent la présence d'une forme de vie extraterrestre intelligente au fond de l'abîsse. Entre tensions entre civils et militaires et phénomènes inexplicables, le film plonge dans une aventure de science-fiction aquatique époustouflante. Cameron renouvelle la science-fiction de contact dans une déclaration d'amour à l'humanité et à l'apaisement.
James Cameron souhaitait explorer l'univers sous-marin des profondeurs après ses plongées personnelles, fasciné par l'idée d'un monde inconnu plus mystérieux que l'espace. L'idée d'une forme de vie extraterrestre ayant élu domicile non pas dans l'espace mais au fond des océans permettait de renouveler les codes du film de contact avec l'insolite. Le scénario est né d'une nouvelle écrite par Cameron lui-même années auparavant, dont l'ambition avait attendu que la technologie permette sa réalisation. Cameron souhaitait également s'appuyer sur les tensions géopolitiques de la guerre froide pour ancrer son récit de science-fiction dans une réalité contemporaine préoccupante. Ed Harris a été choisi pour sa solidité et sa capacité à incarner un leader de terrain crédible dans des conditions physiques extrêmes. Le tournage dans des tanks d'eau géants a constitué l'un des défis techniques les plus ambitieux de l'histoire du cinéma.
La critique a salué l'ambition visuelle exceptionnelle du film et la maîtrise technique sans précédent de Cameron dans la représentation du monde sous-marin. Plusieurs observateurs ont souligné les effets spéciaux pionniers sur les entités aqueuses extraterrestres, qui préfiguraient les développements ultérieurs de l'imagerie numérique. Le film a divisé sur sa conclusion, jugée trop apaisante et sentimentale par certains après la tension accumulée. D'autres critiques ont au contraire salué la beauté de cette fin pacifiste comme contrepoint nécessaire à la violence qui précède. Le public a été bluffé par les séquences sous-marines et par l'impact émotionnel du film malgré son contexte de science-fiction. Le succès commercial a été honorable sans atteindre les sommets attendus pour un film d'une telle envergure de production. De nombreux spectateurs ont été marqués par certaines scènes d'une intensité émotionnelle forte. La version longue du film a ensuite été largement préférée à la version cinéma. Le film a remporté l'Oscar des meilleurs effets visuels, récompensant ses innovations techniques pionnières. Il a également reçu plusieurs nominations techniques. La version Director's Cut a ensuite été saluée comme supérieure à la version originale. Il reste l'une des productions les plus ambitieuses et les plus difficiles de la carrière de James Cameron.
James Cameron a tourné dans des tanks d'eau géants, notamment l'enceinte réfrigérée d'une centrale nucléaire, représentant l'un des tournages les plus physiquement éprouvants de l'histoire d'Hollywood. L'ensemble du casting principal et de l'équipe technique a passé des mois à travailler dans l'eau, subissant une fatigue physique et psychologique extrême. Ed Harris a fondu en larmes dans sa voiture après plusieurs journées particulièrement éprouvantes, un moment qu'il a publiquement évoqué. Mary Elizabeth Mastrantonio a quitté le plateau en larmes à plusieurs reprises, le tournage ayant mis à l'épreuve les nerfs de tous les participants. Cameron lui-même a reconnu que ce tournage avait été le plus difficile de toute sa carrière. La séquence pionnière de l'entité extraterrestre aqueuse a constitué la première apparition d'un personnage entièrement généré par ordinateur dans l'histoire du cinéma.
Le film aborde le contact avec l'altérité absolue, la menace de la guerre nucléaire et la possibilité du dialogue et de l'apaisement comme alternative à la destruction mutuelle.
Les extraterrestres, ayant observé l'humanité depuis les profondeurs, choisissent de ne pas la détruire malgré sa violence potentielle, touchés par la capacité humaine à l'amour, le film se concluant sur un message d'espoir sur la nature profonde de l'humanité.
L'abîsse désigne les profondeurs océaniques insondables où se déroule le récit, lieu à la fois réel et métaphorique de la confrontation entre l'humanité et l'inconnu absolu.
La partition d'Alan Silvestri accompagne avec une intensité lyrique remarquable les différentes tonalités du film, de la tension des séquences sous-marines à la grandeur émotionnelle du dénouement.
Le film, particulièrement dans sa version longue, reste régulièrement cité comme l'un des projets les plus ambitieux et les plus éprouvants de l'histoire du cinéma.
Titanic, Avatar, Leviathan.