Pour fêter l'anniversaire de sa mère, Emmanuelle revient passer quelques jours dans la maison de son enfance, à la campagne. Elle y retrouve le poids des souvenirs familiaux, mais surtout sa sœur aînée Nathalie, dont l'instabilité psychologique a longtemps pesé sur les relations entre les membres de la famille. Personne ne se doute que cette fête, censée être un moment de retrouvailles apaisées, va rapidement prendre une tournure inattendue et bouleversante. Au fil des heures, les non-dits et les tensions accumulées depuis des années remontent à la surface.
À La Folie est un film en grande partie autobiographique pour Audrey Estrougo, qui y explore le retentissement d'une maladie psychique, la schizophrénie, sur l'ensemble d'une cellule familiale. La réalisatrice, dont le film précédent Suprêmes avait marqué les esprits, a voulu ici resserrer son propos autour d'un huis clos familial, loin de l'ampleur chorale de son film sur les débuts du groupe NTM. Elle a construit son film comme un espace où, selon ses propres mots, la caméra et le scénario ne jugent aucun des personnages, y compris ceux dont le comportement peut sembler le plus déroutant ou le plus dur à l'écran. Ce choix de mise en scène traduit une volonté de restituer la complexité et l'ambivalence des sentiments qui traversent une famille confrontée à la maladie psychique de l'un de ses membres.
Résumé des critiques professionnelles : Le film a été salué pour la qualité de son interprétation, en particulier les prestations de Virginie Van Robby et Lucie Debay, ainsi que pour le réalisme cru avec lequel il dépeint les conséquences de la schizophrénie sur une famille entière. Certains critiques ont souligné la mise en scène soignée d'Audrey Estrougo, capable de restituer la tension croissante d'une réunion familiale qui dégénère. Réception du public : Le public a été particulièrement touché par la justesse du film sur le choc que représente la maladie psychique pour l'entourage, plusieurs spectateurs saluant un film bouleversant et nécessaire sur un sujet encore trop peu représenté au cinéma.
Inspirations du réalisateur : Audrey Estrougo a puisé dans sa propre histoire familiale pour construire le récit d'À La Folie, cherchant à filmer la maladie psychique sans jamais tomber dans le jugement moral de ses personnages, y compris les plus fragiles ou les plus difficiles à comprendre.
À La Folie explore les ravages de la maladie psychique, en particulier la schizophrénie, sur l'équilibre d'une cellule familiale entière. Le film interroge la difficulté de l'entourage à accompagner un proche malade qui refuse parfois de se soigner, entre amour, épuisement et incompréhension. La rivalité et la complicité entre sœurs, marquées par des rôles familiaux figés depuis l'enfance, occupent également une place centrale dans le récit. Le film questionne enfin la notion de responsabilité familiale, incarnée par une sœur aînée qui a longtemps porté seule le poids de la maladie de l'autre.
La fête d'anniversaire, censée réunir la famille dans un moment de calme, se transforme progressivement en point de rupture où les tensions accumulées depuis des années finissent par exploser au grand jour. Le film choisit de ne pas offrir de résolution simple ou rassurante à la crise familiale qu'il met en scène, restituant plutôt la brutalité et l'épuisement que peut engendrer la cohabitation avec la maladie psychique sur le long terme. Cette fin marque moins un dénouement qu'un point de bascule, laissant entrevoir la fragilité durable de l'équilibre familial.
Le titre À La Folie joue sur un double sens assumé : il renvoie à la fois à la folie au sens clinique, celle de la maladie psychique de Nathalie, et à l'expression populaire « aimer à la folie », suggérant que l'amour familial peut être aussi intense et débordant que la maladie elle-même.
Les spectateurs touchés par À La Folie pourront se tourner vers Suprêmes, le précédent film d'Audrey Estrougo, pour retrouver sa sensibilité de mise en scène, ou vers D'une vie à l'autre pour d'autres portraits familiaux marqués par la maladie psychique.