Au cœur de l'hiver dans une station de ski des Alpes, trois destins de vacanciers névrosés vont se croiser autour d'un penchant commun très prononcé pour l'alcool. Francine est une bourgeoise coincée qui trompe son ennui existentiel, Inès une femme fatale blessée en quête d'aventures et Sébastien un homme instable qui noie ses échecs professionnels. Entre descentes de pistes ratées, soirées trop arrosées dans les bars de la station et quiproquos sentimentaux, leur séjour à la montagne vire à la dérive burlesque. Cette comédie grinçante explore les solitudes modernes sous la neige.
Le projet est né d'un désir de la réalisatrice Marion Vernoux d'écrire une comédie chorale amère et impertinente se déroulant dans l'univers standardisé des sports d'hiver. L'idée originelle était de prendre le contre-pied des comédies de vacances joyeuses à la française en utilisant l'alcool comme un révélateur des détresses intimes et des solitudes citadines. La cinéaste s'est inspirée de l'observation des comportements humains excessifs lors des séjours de vacances où la pression sociale impose de s'amuser coûte que coûte. La production a cherché à réunir un trio d'acteurs populaires à contre-emploi pour donner une touche de folie douce au récit. Le scénario a été écrit pour être à la fois drôle, pathétique et profondément humain.
La presse professionnelle française a accueilli cette comédie de mœurs avec des avis très partagés et parfois déconcertés lors de sa sortie en salles. Certains critiques ont salué l'audace du ton grinçant, la causticité des dialogues et l'interprétation déchaînée de Valérie Lemercier en bourgeoise alcoolique. D'autres journalistes ont déploré une mise en scène décousue et un humour noir qui virait parfois au malaise pathétique pour le public. Du côté des spectateurs, le film a déstabilisé une partie des amateurs de comédies populaires classiques qui s'attendaient à une farce légère sous la neige. Le long-métrage a néanmoins trouvé son public chez les amateurs d'humour acide et décalé à la française. Au box-office, le film a réalisé un score mitigé sans obtenir de récompenses.
La metteuse en scène s'est inspirée de l'atmosphère absurde et feutrée des films de Bertrand Blier pour poser sa caméra au milieu des pistes enneigées. Le tournage s'est déroulé dans des conditions hivernales rudes dans une véritable station de ski de Savoie, ce qui a posé des défis techniques pour filmer les scènes de nuit en extérieur. Une anecdote raconte que les comédiens ont dû simuler l'ivresse pendant des semaines, ce qui a donné lieu à de mémorables crises de rire communicatives sur le plateau. Valérie Lemercier a improvisé plusieurs de ses répliques cultes lors des scènes de bar de nuit. Concernant le casting, le trio de têtes d'affiche a accepté les rôles immédiatement, séduit par la noirceur comique inédite du scénario proposé par Marion Vernoux.
Le film aborde avec acidité l'alcoolisme mondain utilisé comme refuge contre la solitude, la misère affective des trentenaires urbains et le ridicule des comportements de vacances obligatoires. Il explore les crises existentielles, la perte de contrôle de soi et la recherche désespérée de connexions humaines sincères.
La fin du film montre les trois protagonistes cuver leur existence après les excès du séjour et quitter la station de ski alors que le printemps commence à poindre. Bien qu'aucune résolution miracle n'ait transformé leurs vies de manière définitive, leur rencontre éphémère et leurs dérives communes leur ont permis de briser leur isolement psychologique. La dernière séquence les montre repartir vers Paris avec une lucidité douce-amère sur leurs propres failles.
Le titre résonne comme une injonction familière et festive qui cache en réalité un cri de détresse psychologique face au vide de l'existence moderne.
Le long-métrage bénéficie de diffusions régulières sur les chaînes de télévision thématiques, apprécié pour son ton décalé et la performance de son trio d'acteurs.
On peut rapprocher cette comédie grinçante d'œuvres chorales douces-amères comme « Les Bronzés font du ski » pour le cadre ou « Reines d'un jour » de la même réalisatrice.