Sous la pression d'une sénatrice ambitieuse qui milite pour l'égalité des sexes dans l'armée, le lieutenant Jordan O'Neil est choisie pour devenir la première femme à intégrer le corps d'élite des Navy SEALs. Elle est envoyée dans un camp d'entraînement d'une dureté inhumaine où plus de la moitié des candidats masculins abandonnent. Le redoutable instructeur en chef, le Master Chief John Urgayle, ne lui fait aucun cadeau et pousse ses limites physiques et psychologiques jusqu'à la rupture. Jordan va devoir se battre contre le sadisme des épreuves mais aussi contre les complots politiques de sa propre hiérarchie.
Le projet est né d'un scénario original écrit par Danielle Alexandra, conçu pour traiter de la place hautement polémique des femmes dans les unités de combat d'élite américaines à la fin des années quatre-vingt-dix. L'idée originelle était de bâtir un grand film d'action militaire réaliste centré sur une héroïne forte se heurtant au plafond de verre de l'armée. Le réalisateur Ridley Scott a trouvé son inspiration en voulant explorer l'esthétique visuelle brute de la souffrance physique et de la résilience psychologique des soldats. La production a bénéficié d'un budget colossal pour reconstituer un camp d'entraînement militaire d'une intensité graphique spectaculaire. Le scénario a été pensé comme un pamphlet féministe en milieu hostile.
La presse professionnelle internationale a réservé un accueil très mitigé et contrasté à ce blockbuster d'action lors de sa sortie en salles. De nombreux critiques ont salué l'efficacité redoutable de la mise en scène de Ridley Scott et l'engagement physique impressionnant de Demi Moore, qui s'est véritablement rasé le crâne pour le rôle. Cependant, plusieurs journalistes ont regretté un scénario manquant parfois de subtilité politique et tombant dans le militarisme outrancier hollywoodien. Du côté des spectateurs, le grand public a plébiscité le spectacle haletant et la force de caractère de l'héroïne, faisant du film un succès populaire solide au box-office. Demi Moore a malheureusement écopé d'un Razzie Award pour sa performance, un verdict jugé sévère par ses fans.
Le metteur en scène s'est fortement inspiré de l'esthétique visuelle contrastée de ses précédents films comme « Top Gun » qu'il avait produit avec son frère pour filmer la boue et la sueur. Le tournage s'est avéré extrêmement éprouvant pour les comédiens, qui ont dû suivre un véritable entraînement de commando de plusieurs semaines dirigé par d'anciens militaires instructeurs. Une anecdote célèbre raconte que Demi Moore effectuait elle-même ses tractions à un bras et ses pompes dans la boue sans aucune doublure numérique pour valider sa crédibilité physique. La scène de la confrontation brutale entre Jordan et le Master Chief a nécessité une intensité dramatique telle que les acteurs en sont sortis avec de vrais bleus. Concernant le casting, Viggo Mortensen a été choisi pour son intensité mystique et silencieuse.
Le film traite en profondeur de l'égalité des sexes face à la violence du combat, du machisme institutionnel au sein de l'armée et de la manipulation politique des minorités. Il explore le dépassement absolu de soi, la fraternité d'armes née de la souffrance commune et le sacrifice de la féminité traditionnelle pour l'intégration professionnelle.
La fin du film est un sommet d'action où l'unité d'entraînement est envoyée en mission de sauvetage réelle en Libye pour extraire des soldats piégés. Au cours des combats, Jordan O'Neil sauve héroïquement la vie du Master Chief qui l'avait pourtant persécutée au camp, gagnant ainsi le respect éternel de ses pairs masculins. La séquence finale montre Jordan revenir triomphante à la base, validant définitivement l'aptitude des femmes au combat d'élite.
Le titre français « À armes égales » souligne la revendication centrale de l'héroïne qui refuse tout traitement de faveur ou barème adapté pour prouver sa valeur intrinsèque.
Le long-métrage reste une œuvre culte des années quatre-vingt-dix, régulièrement citée lors des débats sociétaux sur l'intégration des femmes dans les forces armées mondiales.
On peut associer ce film de guerre à d'autres drames d'entraînement intensif comme « Full Metal Jacket » de Kubrick ou « Voyage au bout de l'enfer » pour sa dureté.