En 1961, Roger Maris et Mickey Mantle, deux grandes stars des New York Yankees, se retrouvent dans une course effrénée pour battre le record légendaire de 60 home runs en une saison détenu par Babe Ruth. Maris, personnage discret et peu à l'aise avec les médias, se retrouve incompris et parfois hué par des fans qui auraient préféré voir leur idole Mantle battre le record. Mantle, lui, lutte contre ses propres blessures et son mode de vie dispendieux tout en soutenant sincèrement son coéquipier. Le film de Billy Crystal dresse un portrait intime et touchant de cette amitié sportive sous pression.
Billy Crystal, fan inconditionnel des Yankees de New York depuis son enfance, souhaitait rendre hommage à cette saison 1961 qui l'avait profondément marqué en tant que jeune spectateur passionné de baseball. L'idée de suivre en parallèle les deux joueurs permettait d'explorer l'amitié masculine et la compétition bienveillante, bien plus riches que le simple récit de la chasse au record. Crystal a voulu réhabiliter la figure de Roger Maris, souvent éclipsée par le mythe de Mickey Mantle. Le film a été produit pour HBO, ce qui a permis une liberté de ton et une intimité particulièrement adaptées au sujet. Crystal lui-même a coécrit le scénario en s'appuyant sur des recherches historiques et des témoignages de l'époque. Le tournage s'est déroulé notamment dans des stades de l'époque reconstitués avec soin.
La critique a unanimement salué la sensibilité et la maîtrise de Billy Crystal en tant que réalisateur, capable de transcender le simple film de sport. Plusieurs observateurs ont souligné la qualité des performances de Barry Pepper et Thomas Jane, particulièrement convaincants dans leurs rôles respectifs. Le film a été considéré comme l'un des meilleurs films sportifs télévisés jamais produits aux Etats-Unis. D'autres critiques ont apprécié la dimension humaine et intime qui prenait le dessus sur la dimension sportive pure. Le public américain, notamment les fans de baseball, a été profondément touché par ce récit intimiste sur l'amitié sous pression. Le succès sur HBO a été considérable pour un film télévisé. De nombreux spectateurs ont découvert ou redécouvert la figure de Roger Maris à travers ce film. Il reste l'une des productions HBO les plus appréciées du début des années 2000. Le film a remporté plusieurs Emmy Awards dont celui du meilleur film télévisé, confirmant sa reconnaissance institutionnelle. Barry Pepper et Thomas Jane ont chacun été nominés pour leurs performances. Crystal lui-même a été salué pour sa réalisation. Il reste régulièrement cité comme un chef-d'œuvre du genre du film sportif télévisé.
Billy Crystal a tenu à diriger lui-même ce projet profondément personnel, lié à ses propres souvenirs d'enfance en tant que fan des Yankees. Barry Pepper et Thomas Jane ont suivi un entraînement intensif de baseball pour rendre crédibles les séquences sportives. Plusieurs stades de l'époque ont dû être reconstitués avec une grande fidélité historique pour restituer l'atmosphère des années 1960. Crystal a veillé à rendre justice à la mémoire de Roger Maris, personnage injustement sous-estimé dans l'histoire du baseball. Des membres de la famille de Roger Maris ont été associés à la production pour valider la fidélité du portrait. L'astérisque du titre avait été officiellement accolé au record de Maris par les instances officielles du baseball, décision finalement annulée des décennies plus tard.
Le film aborde l'amitié sous la pression de la compétition, l'ingratitude du public envers un champion silencieux et la solitude de celui qui accomplit un exploit historique sans être aimé pour cela.
Maris bat le record avec son 61e home run le dernier jour de la saison régulière, dans un stade à moitié vide, sans l'ovation qu'il méritait, Crystal laissant cette image finale mélancolique dire tout ce que le film voulait exprimer sur l'injustice réservée aux héros discrets.
Le titre désigne le 61e home run de Roger Maris, et l'astérisque renvoie à la controverse sur la validité de ce record, établi sur une saison de 162 matchs là où Ruth en avait joué 154.
Le film reste la référence cinématographique sur cette page mythique de l'histoire du baseball américain.
Moneyball, The Natural, Field of Dreams.