À bientôt trente-huit ans, Thomas Edison est un joueur de tennis dont la carrière n'a jamais tenu ses promesses. Dix-sept ans plus tôt, il comptait parmi les plus grands espoirs du tennis français, avant qu'une défaite en demi-finale de Roland-Garros et une série de blessures ne brisent son élan. Aujourd'hui professeur pour enfants, il refuse pourtant d'abandonner et s'engage dans les qualifications de ce qui pourrait être son tout dernier tournoi. Porté par un désir soudain de revanche, il se lance dans un combat sportif et personnel à l'issue incertaine.
Le film est né d'un projet que Quentin Reynaud, lui-même ancien joueur de tennis classé, portait depuis près de neuf ans avant sa réalisation. L'idée prend forme lors d'une discussion dans un train avec Alex Lutz, avec qui le réalisateur avait déjà collaboré sur le film Paris-Willouby. Reynaud souhaitait montrer l'envers du décor d'un sport professionnel finalement assez méconnu du grand public, en s'attachant au point de vue des joueurs de l'ombre plutôt qu'à celui des champions. Le tournage a bénéficié d'un accès inédit aux installations de Roland-Garros, une première pour une fiction française. Alex Lutz, qui n'avait jamais pratiqué le tennis auparavant, s'est soumis à un entraînement intensif encadré par un coach pour incarner crédiblement un joueur professionnel.
La critique a largement salué la performance d'Alex Lutz, jugée poignante et intense dans la peau d'un tennisman en quête de rédemption. Plusieurs journalistes ont souligné la sincérité du regard porté sur le monde du tennis professionnel, loin des paillettes habituellement associées à ce sport. Le film a également été remarqué pour son approche originale, centrée sur un joueur en délicatesse plutôt que sur une trajectoire de champion triomphant. Le public s'est montré sensible à l'émotion portée par Alex Lutz, mais le film a connu une exploitation en salles compliquée, freinée par la crise sanitaire et un report de sortie qui a nui à sa visibilité. Le très faible nombre d'entrées enregistré en salles, au regard d'un budget de plus de quatre millions d'euros, a marqué sa sortie cinéma, avant qu'une seconde vie en vidéo ne vienne partiellement compenser cet accueil commercial décevant. Le film n'a pas été distingué par de grandes récompenses, mais a contribué à renforcer la réputation d'Alex Lutz comme acteur dramatique, deux ans après son rôle remarqué dans Guy.
Le tournage a marqué une première dans le cinéma français en obtenant un accès complet aux installations du tournoi de Roland-Garros. Alex Lutz, qui n'avait jamais touché une raquette avant le projet, a suivi un entraînement intensif avec un coach afin de donner le change lors des séquences de matchs, reconnaissant lui-même avoir longtemps mal joué avant de progresser suffisamment pour les besoins du film. Les doublures pour les phases de jeu les plus techniques ont été assurées par un joueur professionnel, afin de garantir la crédibilité sportive des séquences filmées sur le court. La sortie du film, initialement prévue en décembre 2020, a dû être reportée à juin 2021 en raison de la fermeture des salles de cinéma liée à la pandémie de Covid-19.
5ème Set explore la hantise de l'échec et la difficulté à faire le deuil d'une carrière qui n'a pas atteint son plein potentiel. Le film s'attarde sur la solitude des sportifs de l'ombre, ceux qui luttent avec acharnement dans l'anonymat des tours de qualification loin des projecteurs réservés aux champions. Il questionne également le passage du temps et le moment où un athlète doit accepter de tirer un trait sur son ambition initiale. La quête de rédemption et la volonté de terminer sa carrière sur ses propres termes, plutôt que de subir un effacement silencieux, structurent l'ensemble du récit.
Le film ne cherche pas à offrir à Thomas une victoire éclatante mais s'attache plutôt à son cheminement intérieur lors de ce qui pourrait être son dernier tournoi. Que l'issue sportive soit favorable ou non, l'essentiel du récit réside dans la manière dont le personnage se réapproprie enfin son histoire, refusant de laisser une défaite passée définir la totalité de sa carrière. La fin insiste sur l'idée que l'accomplissement ne se mesure pas uniquement au classement ou au résultat final, mais à la capacité du joueur à affronter une dernière fois ses propres démons sur le court.
Le titre 5ème Set renvoie au tennis lui-même : dans un match en cinq manches, ce dernier set désigne le moment décisif où tout peut encore basculer, malgré une situation apparemment compromise. Il symbolise ainsi la dernière chance de Thomas de renverser le cours de sa carrière, cette ultime manche représentant à la fois l'épreuve sportive et le climax de sa trajectoire personnelle.
Borg/McEnroe, Battle of the Sexes, King Richard.