Peppino Lo Cicero, ancien tueur à gages de la Camorra napolitaine, s'est retiré des affaires et observe avec fierté son fils gravir les échelons du crime organisé. Lorsque celui-ci est froidement abattu lors d'un guet-apens, Peppino reprend du service pour découvrir la vérité, épaulé par son fidèle ami Toto le boucher. Leur enquête les entraîne au cœur des clans mafieux du Naples des années 1970, entre trahisons, vengeances et règlements de comptes. Peppino devra affronter son propre passé violent pour espérer venger la mort de son fils.
5 est le numéro parfait est l'adaptation cinématographique du célèbre roman graphique éponyme publié par Igort en 2002, devenu un véritable phénomène d'édition traduit dans une quinzaine de langues et publié dans une vingtaine de pays. Le projet d'adaptation remonte à plus de quinze ans avant sa concrétisation, plusieurs cinéastes, dont certains napolitains, ayant approché l'auteur au fil des années pour porter son œuvre à l'écran, sans que le projet n'aboutisse. Des producteurs européens, américains et asiatiques manifestent également leur intérêt pour le livre au fil du temps, avant qu'Igort ne décide finalement de réaliser lui-même l'adaptation pour son tout premier long métrage de fiction. Auteur de bande dessinée, illustrateur, essayiste et musicien depuis la fin des années 1970, Igort avait fondé la revue Il Pinguino avant de devenir l'un des auteurs de romans graphiques les plus reconnus à l'international. Pour ce passage au cinéma, il choisit de conserver l'ancrage du récit dans le Naples des années 1970 et l'esthétique très travaillée qui a fait le succès de son œuvre dessinée.
La critique italienne et française salue globalement la qualité visuelle du film, plusieurs observateurs soulignant une mise en scène soignée et une photographie sombre et pluvieuse du Naples des années 1970. Les comparaisons avec Sin City reviennent régulièrement pour qualifier le style visuel très stylisé du film, hérité directement de l'esthétique du roman graphique original. Certains critiques regrettent toutefois un scénario jugé trop classique pour le film noir, estimant que l'intérêt du film réside davantage dans sa mise en scène que dans son intrigue de vengeance somme toute assez convenue. Toni Servillo, dans le rôle principal, est unanimement salué pour son interprétation intense d'un homme désabusé et intraitable. Le public réserve un accueil plutôt confidentiel au film, le jugeant globalement comme une bonne surprise du polar italien, certains spectateurs s'étonnant même de voir le film mal compris par une partie de la critique généraliste. Les amateurs de bandes dessinées et de films noirs soulignent en particulier la qualité de la photographie et de la lumière, considérées comme les véritables points forts du long métrage. D'autres spectateurs regrettent en revanche un rythme jugé trop lent pour un film policier classique. Le film ne reçoit pas de récompense majeure lors de sa sortie internationale.
Igort adapte son propre roman graphique publié en 2002, un projet qu'il a longtemps hésité à confier à d'autres réalisateurs avant de choisir de le porter lui-même à l'écran pour son premier long métrage de fiction. Son expérience d'illustrateur et d'auteur de bande dessinée influence directement la mise en scène très picturale du film, pensée comme le prolongement visuel de son travail graphique. Le projet d'adaptation du roman graphique met plus de quinze ans à se concrétiser, plusieurs tentatives ayant échoué avant qu'Igort ne parvienne à réunir un financement européen associant l'Italie, la Belgique et la France.
Le film explore le cycle sans fin de la vengeance et de la violence au sein du crime organisé napolitain, où chaque mort en appelle inévitablement une autre. Il interroge également la transmission du crime de génération en génération, à travers la relation entre Peppino et son fils, dont l'ascension dans la Camorra scelle son propre destin tragique. La loyauté et l'amitié virile, incarnées par le duo formé par Peppino et Toto le boucher, traversent tout le récit comme les dernières valeurs stables dans un monde gangrené par la trahison. Le film questionne enfin la possibilité de la rédemption pour un homme qui pensait avoir définitivement quitté la violence.
Au terme de son enquête, Peppino découvre que la mort de son fils est liée à des trahisons internes aux clans mafieux napolitains, révélant que la violence dont il pensait s'être extrait continue de le poursuivre jusque dans sa propre famille. La confrontation finale scelle son destin de vengeur solitaire, dans une spirale où la justice qu'il rend lui-même ne fait que perpétuer le cycle de mort qu'il cherchait à venger. Cette conclusion sombre, fidèle à l'esprit noir du roman graphique original, referme le récit sans offrir de véritable rédemption à son personnage principal.
Le titre 5 est le numéro parfait renvoie à une croyance numérologique très présente dans la culture napolitaine et dans le folklore de la Camorra, où certains chiffres sont associés à la chance ou au destin. Ce chiffre accompagne symboliquement le parcours de Peppino tout au long du récit, comme un signe récurrent de la fatalité qui pèse sur lui.
Les amateurs de 5 est le numéro parfait apprécieront probablement Gomorra de Matteo Garrone pour son plongée réaliste dans la Camorra napolitaine, Sin City de Robert Rodriguez pour son esthétique visuelle très stylisée directement issue de la bande dessinée, ou encore Il Divo de Paolo Sorrentino pour retrouver Toni Servillo dans un rôle tout aussi habité.