Un accident de voiture tragique et brutal va lier de manière irréversible les destins de trois individus que tout sépare. Paul est un mathématicien gravement malade en attente d'une greffe de cœur salvatrice qui remet sa vie en question. Cristina est une mère de famille endeuillée sombrant dans les abîmes de la drogue et de la vengeance. Jack est un ancien détenu converti au fondamentalisme religieux qui voit sa foi vaciller après le drame.
Le projet constitue le deuxième volet de la célèbre trilogie de la mort initiée par le réalisateur et son scénariste fétiche Guillermo Arriaga. L'idée d'origine était d'explorer la fragilité de l'existence humaine à travers une narration déstructurée et non linéaire particulièrement complexe. L'inspiration est venue d'une réflexion philosophique et scientifique sur le poids spirituel de la vie et les conséquences invisibles de nos actes quotidiens. Le metteur en scène a voulu réaliser son premier film en langue anglaise tout en conservant l'âpreté visuelle de ses débuts mexicains. Il a conçu le scénario comme un puzzle émotionnel bouleversant.
La critique professionnelle internationale a couvert le film d'éloges dithyrambiques, saluant la virtuosité de la mise en scène et la puissance dramatique brute du récit. Les performances habitées et d'une noirceur absolue du trio d'acteurs principaux ont été unanimement célébrées comme des sommets artistiques. Le grand public, bien que secoué par la tristesse infinie du sujet et la complexité du montage, a réservé un accueil très respectueux au long-métrage. Les spectateurs ont été profondément bouleversés par cette réflexion poignante sur la perte et la culpabilité. Le film a triomphé dans de nombreux festivals et a décroché deux nominations majeures aux Oscars pour ses acteurs.
Le cinéaste s'est beaucoup inspiré de la photographie brute du cinéma vérité et des romans psychologiques russes pour instaurer cette ambiance crépusculaire. Le tournage s'est déroulé dans l'ordre chronologique des scènes pour chaque acteur afin de leur permettre de vivre l'effondrement émotionnel de leur personnage de manière organique. Pour accentuer le réalisme et la détresse visuelle, le directeur de la photographie a utilisé une pellicule au grain très marqué et a filmé exclusivement caméra à l'épaule. Le casting a été réuni par coup de foudre artistique, les acteurs ayant accepté des baisses de salaire importantes pour tourner sous la direction du réalisateur.
Le film traite en profondeur du deuil insurmontable, de la culpabilité chrétienne destructrice, du hasard tragique et de la rédemption impossible. Il explore l'idée de la transplantation d'organes non seulement comme un acte médical, mais comme un transfert spirituel de mémoire et de douleur entre les êtres humains.
La fin éclaire enfin la structure temporelle éclatée du film en montrant Paul s'éteindre à l'hôpital après avoir sauvé Jack d'une spirale de violence autodestructrice. Cristina trouve la force de continuer à vivre en apprenant qu'elle est enceinte, apportant une lueur d'espoir au milieu des ruines. Jack retourne vers sa famille, brisé mais libéré de son fanatisme dogmatique.
Le titre fait référence à une expérience scientifique controversée du début du XXe siècle affirmant que le corps humain perd exactement vingt et un grammes au moment précis de la mort. Cela symbolise le poids supposé de l'âme humaine qui s'envole, ou le poids infini de la vie laissée aux survivants.
La bande originale composée par Gustavo Santaolalla est d'une beauté minimaliste déchirante, portée par des notes de guitare acoustique épurées et des ambiances sonores mélancoliques qui amplifient la tristesse du drame.
Le long-métrage est considéré aujourd'hui comme l'un des chefs-d'œuvre absolus du cinéma dramatique des années deux mille et un modèle d'écriture narrative non linéaire.
Si vous appréciez les drames choraux intenses à la narration éclatée, regardez Amours chiennes, Babel ou Collision.