🎂 26/03/1912
📍 Timpson, Texas, USA
🌍 Americaine
Strother Martin s'est imposé comme l'un des visages les plus reconnaissables et mémorables des westerns et des films d'action américains des années 1960 et 1970. Doté d'une silhouette sèche, d'un regard perçant et d'un phrasé traînant typique du Sud, il excellait dans l'art d'incarner des personnages excentriques, sournois, cyniques ou profondément antipathiques. Ancien champion de plongeon et athlète accompli, il s'est tourné vers la comédie après la Seconde Guerre mondiale, écumant les plateaux de télévision avant de devenir un second couteau de luxe au cinéma. Sa collaboration au long cours avec le réalisateur Sam Peckinpah et avec des stars comme John Wayne ou Paul Newman a forgé sa légende. Il a offert une épaisseur inoubliable à des dizaines de figures marginales.
Avant de se lancer dans la comédie, Strother Martin a connu une jeunesse sportive, remportant des championnats de plongeon et servant comme instructeur de natation dans la marine américaine durant la Seconde Guerre mondiale. Installé en Californie après le conflit, il a exercé divers petits métiers liés au sport avant d'être attiré par les studios de cinéma et la télévision naissante. Grâce à son physique atypique et à sa gouaille naturelle, il a décroché ses premières apparitions dans des séries westerns de seconde zone. Sa capacité à camper des individus patibulaires a immédiatement séduit les directeurs de casting. C'est ainsi que sa carrière d'acteur de composition a débuté.
Son rôle le plus iconique et inoubliable reste sans conteste celui du directeur sadique du camp de prisonniers dans Luke la main froide en 1967, aux côtés de Paul Newman, immortalisé par la réplique culte sur le manque de communication. On se souvient également de sa prestation mémorable en vieille fripouille dans Le Virginien ou dans les chefs-d'œuvre de Sam Peckinpah comme La Horde sauvage et Ballade cathou. Il a également brillé dans True Grit aux côtés de John Wayne. Chacune de ses apparitions laissait une empreinte durable.
Strother Martin a été profondément influencé par la culture rurale du Sud des États-Unis et par les archétypes du western classique qu'il aimait subvertir de l'intérieur. N'ayant pas suivi d'académie théâtrale traditionnelle, il s'est appuyé sur son expérience de la vie réelle et sur son sens aigu de l'observation pour composer ses personnages hauts en couleur. Sa collaboration fusionnelle avec des cinéastes audacieux comme Sam Peckinpah a orienté sa carrière vers un cinéma viril, réaliste et désabusé. Il considérait que les méchants et les marginaux avaient une âme complexe à défendre. Son style unique a marqué des générations de cinéphiles.
Le style de jeu de Strother Martin se caractérisait par un mélange détonant de roublardise, de nervosité contenue et d'un humour noir pince-sans-rire redoutable. Il excellait dans l'art de jouer les sadiques souriants ou les lâches opportunistes avec une décontraction troublante. Sa voix nasillarde et son phrasé traînant renforçaient le côté imprévisible et menaçant de ses personnages. Il n'en faisait jamais trop, privilégiant les micro-expressions et les regards biaisés pour installer une tension palpable. Sa présence à l'écran dynamisait instantanément les scènes. C'était un acteur de composition hors pair.
Il a noué des relations de travail très fidèles avec plusieurs cinéastes majeurs, au premier rang desquels figure Sam Peckinpah, qui l'a dirigé dans ses films les plus emblématiques. Il a également tourné à de multiples reprises sous la direction de John Wayne et a croisé la route de grands réalisateurs comme George Roy Hill. Ses partenaires de jeu louaient son professionnalisme rigoureux et son sens de l'humour en coulisses. Il savait s'intégrer à la perfection dans les équipes techniques et artistiques. Sa fiabilité sur les plateaux était légendaire.
Discret sur sa vie personnelle, Strother Martin s'est investi dans sa passion de longue date pour la natation et le sport, encourageant les jeunes talents sportifs en dehors des plateaux. Son engagement artistique s'est traduit par un refus obstiné de se laisser enfermer dans des rôles trop lisses, préférant donner vie à des antihéros complexes et faillibles. Il a consacré sa vie à enrichir le patrimoine du western et du cinéma de genre américain. Son intégrité professionnelle est restée intacte jusqu'à la fin de sa vie. Il demeure l'un des seconds rôles les plus aimés du public.