🎂 03/04/1946
📍 Madrid, Espagne
🌍 Espagnole
Marisa Paredes naît Place Santa Ana, en plein cœur du quartier des théâtres de Madrid, dernière d'une famille de quatre enfants marquée par les difficultés économiques de l'après-guerre franquiste. Faute de moyens, elle doit interrompre l'école dès l'âge de onze ans pour travailler dans un atelier de couture, avant que son père ne l'inscrive dans une école de dactylographie. Contre la volonté paternelle, elle se tourne néanmoins vers la comédie et intègre le Conservatoire à quinze ans, déterminée à percer dans un métier que rien, dans son environnement familial, ne prédestinait. À la suite du désistement d'une actrice, elle fait ses débuts sur les planches dès 1961 dans la pièce Esta noche tampoco de José López Rubio, marquant le point de départ d'une carrière qui s'étendra sur plus de six décennies.
Marisa Paredes fait ses débuts au cinéma en 1960 dans Police Calling 091 de José María Forqué, un rôle qui la révèle immédiatement comme une véritable idole adolescente à travers toute l'Espagne. Cette reconnaissance précoce et fulgurante lui permet d'enchaîner rapidement les propositions, tant au théâtre, qu'elle n'abandonnera jamais totalement, qu'au cinéma naissant de l'époque franquiste.
Sa rencontre avec Pedro Almodóvar en 1983, pour le film Dans les ténèbres où elle incarne une nonne excentrique en pleine Movida madrilène, initie une collaboration exceptionnelle qui s'étendra sur six films au total. Elle acquiert une popularité véritablement internationale grâce au rôle de Becky, chanteuse mère de Victoria Abril, dans Talons aiguilles en 1992, avant d'incarner une romancière dépressive dans La Fleur de mon secret, performance qui lui vaut le prix d'interprétation au festival de Karlovy Vary en 1995. Elle enchaîne avec le rôle d'une actrice adulée, écrit spécialement pour elle par Almodóvar, dans Tout sur ma mère en 1999, avant de retrouver le cinéaste une dernière fois pour La piel que habito en 2011.
Marisa Paredes évoque l'influence déterminante de son enfance vécue sous le franquisme, marquée par les privations, sur sa détermination farouche à embrasser une carrière artistique contre l'avis de son entourage. Sa collaboration exceptionnelle avec Pedro Almodóvar, initiée en pleine effervescence de la Movida madrilène, a également profondément façonné son image de diva mélancolique du cinéma espagnol.
Son jeu se caractérise par une intensité dramatique portée par une élégance naturelle rare, qui lui permet d'incarner avec une grande profondeur des figures féminines fortes, souvent tiraillées entre réussite professionnelle et drames intimes. Cette capacité à conjuguer glamour et vulnérabilité, magnifiée par les mélodrames d'Almodóvar, en fait l'une des plus grandes actrices espagnoles de l'histoire du cinéma.
Sa collaboration avec Pedro Almodóvar demeure la plus emblématique de sa carrière, ayant donné naissance à six films tournés sur près de trente ans, qui l'ont érigée en véritable muse du cinéaste. Elle a également tourné avec d'autres grands noms du cinéma international, dont Raoul Ruiz, Guillermo del Toro pour L'Échine du Diable et le réalisateur portugais Manoel de Oliveira.
Marisa Paredes a présidé de 2000 à 2003 l'Académie des arts et des sciences cinématographiques d'Espagne, contribuant activement au rayonnement et à la défense institutionnelle du cinéma espagnol.