Lundi, 12 octobre 2026
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Margherita Buy

🎂 15/01/1962

📍 Rome

🌍 Italienne

Biographie

Parcours

Margherita Buy naît à Rome en 1962, dans une famille aux racines toscanes et françaises, et grandit dans le quartier pittoresque de Coppedè. Elle fréquente le lycée Azzarita de la capitale italienne, mais choisit très tôt de ne pas poursuivre d'études universitaires pour se consacrer entièrement au théâtre. Elle intègre l'Académie nationale d'art dramatique de Rome, où elle se forme au métier de comédienne pendant plusieurs années. Cette formation exigeante lui donne les bases techniques qui vont façonner toute sa carrière future. Elle multiplie d'abord les rôles sur les planches romaines avant de se tourner vers le cinéma au milieu des années quatre-vingt. Son parcours est marqué par une fidélité rare au cinéma d'auteur italien, qu'elle ne quittera jamais vraiment. Au fil des décennies, elle devient l'une des actrices les plus respectées et les plus récompensées de la Péninsule. Sa carrière s'étend aujourd'hui sur près de quarante ans et une quarantaine de films marquants.

Comment son premier rôle a été obtenu

C'est en 1986 que Margherita Buy obtient son premier rôle de cinéma dans le drame La seconda notte, réalisé par Nino Bizzarri. Elle y donne la réplique à l'acteur français Maurice Garrel, une expérience qui la confronte d'emblée à un cinéma exigeant. Ce rôle lui vaut le Globe d'or italien de la meilleure révélation l'année suivante, une reconnaissance immédiate pour une débutante. Cette première expérience naît directement de sa formation à l'Académie d'art dramatique, où elle avait été repérée par des professionnels du milieu. Le bouche-à-oreille théâtral romain joue un rôle déterminant dans cette première opportunité. Elle enchaîne rapidement avec Domani domani de Daniele Luchetti, qui confirme le potentiel qu'on lui prêtait. Ce début de carrière rapide s'explique aussi par une époque où le cinéma italien cherchait de nouveaux visages pour renouveler son cinéma d'auteur. Margherita Buy saisit cette fenêtre avec un aplomb qui ne la quittera plus.

Rôles marquants

Le grand tournant de sa carrière survient avec Le Chef de gare en 1990, réalisé par son futur mari Sergio Rubini, qui lui offre son premier David di Donatello de la meilleure actrice. Elle enchaîne avec des rôles emblématiques comme celui de Tableau de famille de Ferzan Özpetek en 2001, film qui devient un classique du cinéma italien contemporain. Sa collaboration avec Nanni Moretti dans Mia madre en 2015 est saluée comme l'un des sommets de sa filmographie, avec une interprétation d'une grande justesse émotionnelle. On la retrouve aussi dans Giorni e nuvole de Silvio Soldini, où elle incarne une femme confrontée au chômage de son mari avec une intensité remarquée. Son rôle dans Caterina va en ville de Paolo Virzì lui permet d'explorer un registre plus satirique de la société italienne. Je voyage seule, aux côtés de Stefano Accorsi, illustre sa capacité à porter des œuvres intimistes sur la solitude contemporaine. Elle détient à ce jour l'un des plus impressionnants palmarès du cinéma italien, ayant remporté sept fois le prestigieux David di Donatello. Ce record dépasse même celui détenu auparavant par la légendaire Sophia Loren.

Influences

Margherita Buy cite volontiers le cinéma d'auteur italien des années soixante-dix comme une influence fondatrice de sa vocation. Le travail de metteurs en scène exigeants comme Nanni Moretti a profondément marqué sa manière d'aborder un rôle, en privilégiant la sincérité à l'esbroufe. Elle admire également l'école du théâtre romain, où l'exigence du texte prime sur toute forme de spectaculaire. Son passage à l'Académie nationale d'art dramatique lui a transmis un goût prononcé pour la rigueur et la discipline scénique. Elle a souvent évoqué l'importance de ses premiers partenaires de jeu, notamment Maurice Garrel, dans la construction de son approche du métier. Le cinéma de Ferzan Özpetek, avec sa sensibilité mélancolique, a également nourri sa vision du drame intime. Enfin, la tradition de la comédie italienne, avec son mélange d'ironie et de gravité, imprègne une partie de son travail. Ces influences multiples expliquent la diversité de registres qu'elle a su explorer tout au long de sa carrière.

Style de jeu

Le jeu de Margherita Buy se caractérise par une extrême retenue, où chaque émotion semble filtrée avant d'être livrée au spectateur. Elle privilégie une gestuelle minimaliste, misant sur les silences et les regards plutôt que sur l'expressivité démonstrative. Cette économie de moyens lui permet d'incarner avec une grande crédibilité des femmes ordinaires traversées par des bouleversements intérieurs. Sa voix, légèrement voilée, participe de cette impression de fragilité maîtrisée qui la caractérise. Elle excelle particulièrement dans les rôles de femmes confrontées à la maladie, au deuil ou à la crise de la quarantaine, des thématiques qui traversent une grande partie de sa filmographie. Son sens du timing comique, révélé notamment par Carlo Verdone, montre qu'elle sait aussi manier l'humour avec une belle légèreté. Les critiques soulignent régulièrement sa capacité à instaurer une intimité immédiate avec le public, comme si elle jouait sans artifice. Cette alchimie entre pudeur et intensité fait d'elle une actrice profondément identifiable dès les premières minutes d'un film.

Collaborations régulières

Margherita Buy a construit une partie de sa carrière autour de collaborations fidèles avec quelques réalisateurs italiens majeurs. Sergio Rubini, son ex-mari, reste l'un de ses partenaires artistiques les plus marquants, ayant façonné certains de ses rôles les plus célèbres. Nanni Moretti l'a dirigée à plusieurs reprises, dont dans Mia madre, une collaboration considérée comme l'une des plus fructueuses de sa carrière. Elle a également travaillé de manière répétée avec Ferzan Özpetek, dont l'univers mélancolique correspond particulièrement à sa sensibilité d'actrice. Daniele Luchetti, qui l'a dirigée dès ses débuts, est resté l'un de ses metteurs en scène de référence. Elle a par ailleurs partagé l'écran à quatre reprises avec l'acteur Stefano Accorsi, formant avec lui un duo apprécié du public italien. Giuseppe Piccioni figure aussi parmi les cinéastes avec lesquels elle a noué une collaboration artistique durable. Ce réseau de fidélités professionnelles illustre la place centrale qu'elle occupe dans le paysage du cinéma d'auteur transalpin.

Engagements

Margherita Buy s'est montrée plus discrète sur le plan de l'engagement associatif ou humanitaire que sur le terrain artistique, préférant laisser parler ses rôles. Elle a néanmoins prêté sa notoriété à plusieurs occasions pour soutenir la reconnaissance du cinéma indépendant italien face aux grandes productions internationales. Passionnée de football, elle a également affiché publiquement son soutien au club de la Lazio de Rome, une fidélité plus personnelle que militante. Elle s'exprime de temps à autre dans la presse italienne sur la condition des femmes dans le cinéma, sans pour autant se revendiquer porte-parole d'un mouvement particulier. Sa notoriété a par ailleurs été mise au service de plusieurs galas et cérémonies caritatives liées au septième art italien. Elle reste avant tout perçue comme une artiste engagée dans son travail plutôt que dans la sphère publique. Cette réserve n'a jamais nui à la place qu'elle occupe comme figure respectée du cinéma italien contemporain.

🎬 Réalisateurs avec lesquels Margherita Buy a collaboré

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