🎂 02/03/1975
📍 Séoul, Corée du Sud
🌍 Sud-coréenne
Né à Séoul en 1975, Lee Sun-kyun grandit dans une Corée du Sud en pleine mutation, à une époque où le cinéma national commence tout juste à retrouver son souffle. Passionné très tôt par la scène, il intègre la prestigieuse Korea National University of Arts, où il se forme au théâtre avant de songer sérieusement au métier de comédien. Ses débuts professionnels se font sur les planches, dans des comédies musicales, un choix qui forge sa discipline et sa présence physique. Il traverse ensuite une longue période de rôles secondaires à la télévision, glanant ici et là de petits personnages qui ne laissent pas encore deviner l'acteur qu'il deviendra. Cette traversée patiente, loin d'être un frein, lui permet d'apprendre le métier auprès de réalisateurs et de comédiens chevronnés. Le déclic survient au milieu des années 2000, lorsque deux séries à succès changent brusquement la donne pour lui. Dès lors, sa carrière ne cesse de grimper, mêlant habilement projets populaires et films plus exigeants. Il devient l'un des visages les plus reconnaissables du cinéma coréen contemporain, apprécié pour sa voix grave autant que pour la justesse de son jeu.
Avant de fouler les plateaux de tournage, Lee Sun-kyun se fait d'abord un nom au théâtre, où il décroche en 2001 un rôle dans la comédie musicale The Rocky Horror Show. Cette expérience scénique, exigeante et physique, attire l'attention de plusieurs directeurs de casting sensibles à sa présence. Il enchaîne avec d'autres spectacles musicaux, dont Grease, qui achèvent de le faire remarquer dans le petit monde du théâtre à Séoul. C'est cette solide formation scénique qui lui ouvre finalement les portes de la télévision, où on lui propose d'abord de petits rôles pour tester sa capacité à incarner des personnages intimes face à la caméra. Il accepte ces propositions modestes sans se plaindre, conscient qu'elles constituent un tremplin nécessaire. Les producteurs, séduits par sa présence subtile même dans des rôles mineurs, commencent à lui confier des personnages plus consistants. Ce n'est qu'au bout de plusieurs années de patience que l'opportunité d'un rôle vraiment marquant se présente enfin à lui.
La consécration arrive en 2007, lorsqu'il enchaîne les séries White Tower et Coffee Prince, deux succès populaires qui le révèlent au grand public coréen. Sa performance dans le film Paju, en 2009, lui vaut le prix du meilleur acteur au festival international de Las Palmas de Gran Canaria. Il continue de bâtir une filmographie exigeante avec des films comme Helpless et All About My Wife, explorant des registres variés, entre thriller psychologique et comédie sentimentale. Mais c'est bien sûr Parasite, réalisé par Bong Joon-ho en 2019, qui le fait connaître au-delà des frontières coréennes, le film ayant décroché la Palme d'or puis quatre Oscars, dont celui du meilleur film. La série My Mister, diffusée en 2018, est également saluée par la critique pour la profondeur mélancolique du personnage qu'il y incarne. Il poursuit sa carrière avec des films comme A Hard Day, un thriller nerveux qui met en valeur sa capacité à jouer les figures ambiguës. Chacun de ces rôles témoigne d'une volonté constante de ne pas se laisser enfermer dans un registre unique.
Lee Sun-kyun cite volontiers le théâtre comme la matrice de son approche du jeu, une discipline qui lui a appris la rigueur et l'écoute de ses partenaires de scène. Il admire particulièrement les réalisateurs capables de mêler intimité psychologique et ambition formelle, à l'image de Bong Joon-ho, avec qui il collabore sur Parasite. La nouvelle vague du cinéma coréen des années 2000 façonne également sa vision du métier d'acteur. Il s'inspire aussi de certains acteurs occidentaux pour leur capacité à instiller de la nuance dans des rôles a priori conventionnels. Sa formation universitaire, tournée vers les arts de la scène, continue de nourrir sa façon d'aborder un texte, qu'il soit destiné au théâtre, à la télévision ou au cinéma. Il évoque enfin l'importance de la musique dans son travail de composition des personnages, un héritage direct de ses débuts dans la comédie musicale.
Reconnaissable entre mille grâce à sa voix grave et posée, surnommée « The Voice » par ses admirateurs coréens, Lee Sun-kyun cultive un jeu tout en retenue qui laisse deviner les tourments intérieurs de ses personnages. Il privilégie les silences et les regards aux effets appuyés, une économie de moyens qui rend ses interprétations particulièrement crédibles. Cette sobriété ne l'empêche pas de se montrer à l'aise dans des registres plus légers, comme en témoignent ses incursions réussies dans la comédie romantique. Sa capacité à basculer d'un genre à l'autre illustre une polyvalence rare chez les acteurs de sa génération. Les critiques saluent régulièrement sa présence magnétique à l'écran, capable de capter l'attention même dans des scènes dépourvues de dialogue. Il travaille ses rôles avec une attention particulière portée au langage corporel, qu'il considère comme aussi révélateur que le texte lui-même.
Sa rencontre avec le réalisateur Bong Joon-ho, à l'occasion de Parasite, marque l'une des collaborations les plus marquantes de sa carrière. Il retrouve à plusieurs reprises certains partenaires de la télévision coréenne, notamment dans des productions issues des chaînes JTBC et tvN. Son épouse, l'actrice Jeon Hye-jin, évolue elle aussi dans le milieu du cinéma et de la télévision coréens. Il travaille également à plusieurs reprises avec des scénaristes attachés à explorer la mélancolie du quotidien, un terrain qu'il affectionne particulièrement. Les producteurs coréens le sollicitent régulièrement pour des rôles d'hommes ordinaires rattrapés par des circonstances extraordinaires, un type de personnage qu'il a fini par façonner comme une véritable signature.
Discret sur sa vie privée, Lee Sun-kyun s'est peu exprimé publiquement sur des causes humanitaires précises, préférant laisser parler son travail d'acteur. Il participe toutefois à diverses opérations de promotion du cinéma coréen à l'international. Sa notoriété grandissante après le succès mondial de Parasite en fait malgré lui un ambassadeur informel du savoir-faire cinématographique sud-coréen. Il soutient également, de façon plus discrète, certaines initiatives liées au monde du théâtre, berceau de sa vocation d'acteur.