🎂 29/08/1978
📍 Châtenay-Malabry, Hauts-de-Seine, France
🌍 Française
Jérémie Elkaïm naît à Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine, au sein d'une famille juive marocaine dont l'histoire remonte à une communauté ancienne installée depuis l'époque romaine. Dès l'âge de dix-sept ans, il coécrit le court métrage Un léger différend d'Olivier Séror, une première incursion dans l'écriture qui préfigure sa future double carrière d'acteur et de scénariste. Cette expérience précoce lui vaut le prix d'interprétation au festival de Clermont-Ferrand, une reconnaissance immédiate qui attire l'attention du milieu du cinéma. Sa formation se construit ainsi autant par la pratique de l'écriture que par celle du jeu, une double compétence qui deviendra sa signature tout au long de sa carrière.
C'est grâce à sa prestation remarquée dans le court métrage Un léger différend que Jérémie Elkaïm est repéré par le réalisateur François Ozon, qui lui offre un rôle dans Scènes de lit. Cette rencontre décisive lui ouvre les portes du cinéma français exigeant dès son plus jeune âge. Peu après, le réalisateur Sébastien Lifshitz lui confie son premier grand rôle dans un long métrage avec Presque rien, où il incarne un adolescent fragile vivant une romance intense avec un autre garçon. Cette performance, saluée unanimement par la critique, constitue le véritable point de départ de sa carrière d'acteur reconnu.
Jérémie Elkaïm confirme son talent dans Sexy Boys en 2001, une comédie souvent comparée à American Pie, avant d'enchaîner avec À cause d'un garçon, à nouveau centré sur les questions d'identité et d'orientation sexuelle. Il multiplie ensuite les collaborations exigeantes avec des cinéastes comme Bertrand Bonello, Gilles Marchand, Catherine Corsini et Benoît Jacquot, confirmant sa réputation d'acteur de cinéma d'auteur. En 2010, sa compagne Valérie Donzelli lui offre plusieurs rôles dans La Reine des pommes, son premier long métrage en tant que réalisatrice, qui rencontre un grand succès public et critique. L'année suivante, il cosigne le scénario et interprète La Guerre est déclarée, inspiré de leur propre histoire personnelle, qui lui vaut une nomination au César du meilleur scénario original en 2012. Il remporte également le prix du meilleur acteur au Festival international du film de Rome en 2012 pour Main dans la main.
Jérémie Elkaïm puise dans son histoire personnelle une grande partie de son inspiration artistique, notamment à travers sa collaboration avec Valérie Donzelli, dont les films s'appuient largement sur leur vécu commun. Le cinéma de François Ozon et de Sébastien Lifshitz, qui l'ont révélé, constitue une influence esthétique et thématique majeure dans son approche du jeu. Il revendique également un attachement particulier aux récits explorant les questions d'identité, de sexualité et de fragilité affective, des thématiques qui traversent une grande partie de sa filmographie depuis ses débuts.
Le jeu de Jérémie Elkaïm se distingue par une sensibilité à fleur de peau et une capacité à incarner des personnages émotionnellement fragiles avec une grande justesse. Il privilégie les rôles qui explorent l'intimité et la vulnérabilité masculine, un registre qu'il aborde avec une pudeur remarquable. Sa double compétence de scénariste et d'acteur lui permet également d'apporter une compréhension fine du texte à son propre jeu. Il sait conjuguer légèreté et gravité, une alliance qui a marqué l'ensemble de sa carrière depuis Presque rien.
Valérie Donzelli constitue la collaboratrice la plus déterminante de la carrière de Jérémie Elkaïm, les deux artistes ayant coécrit et coréalisé plusieurs projets ensemble, dont La Reine des pommes et La Guerre est déclarée, largement inspirés de leur histoire personnelle. Il a également retrouvé à plusieurs reprises des cinéastes de cinéma d'auteur comme Sébastien Lifshitz et François Ozon, qui ont marqué ses débuts. Sa collaboration avec Anaïs Demoustier, sa compagne depuis 2014, se poursuit également sur le plan personnel et pourrait nourrir de futurs projets communs.
Jérémie Elkaïm s'implique dans le débat sur la parité au cinéma, notamment à travers son adhésion au collectif 5050, qui milite pour une meilleure représentation des femmes dans l'industrie cinématographique française. Il s'est exprimé publiquement sur ces questions, soulignant que la parité ne concerne pas uniquement les femmes mais l'ensemble de la profession. Cet engagement pour l'égalité dans le cinéma s'inscrit dans la continuité de son travail artistique, souvent centré sur des thématiques d'identité et de représentation.