🎂 25/02/1913
📍 Zwickau, Saxe, Allemagne
🌍 Allemande
Karl Gerhard Fröbe, dit Gert Fröbe, naît à Oberplanitz près de Zwickau, en Saxe, fils d'un marchand de cuir et cordonnier et d'une couturière. Après avoir étudié les arts et la musique, notamment le violon, à l'Académie des Beaux-Arts de Dresde, il rejoint un cirque où il pratique le mime, le clownerie et le jonglage, avant de trouver un emploi de machiniste et décorateur au sein de cette même académie. Il fait ses débuts sur les planches du théâtre municipal de Dresde, le Semperoper, en 1935, formé par Erich Ponto qui révèle son talent pour la comédie dans un contexte économique et politique difficile pour l'Allemagne. Après la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle il sert comme infirmier militaire au sein de la Croix-Rouge à Vienne, il revient au théâtre puis fait ses débuts au cinéma avec Ballade berlinoise en 1948. Il enchaîne ensuite les seconds rôles dans des productions européennes de genres variés, souvent cantonné à des rôles d'Allemand typé, avant de rencontrer le réalisateur Fritz Lang en 1960, qui lui confie le rôle de l'inspecteur dans Le Diabolique Docteur Mabuse. Sa carrière bascule définitivement en 1964 lorsqu'il incarne le personnage d'Auric Goldfinger dans le troisième volet de la saga James Bond, un rôle qui lui vaut une renommée internationale immédiate. Il meurt d'une crise cardiaque à Munich en 1988, quelques années après une opération contre un cancer.
Gert Fröbe entame sa carrière artistique dans un cirque itinérant en 1933, où il exerce les métiers de mime, de clown et de jongleur avant de trouver un emploi stable comme machiniste et décorateur à l'Académie des Beaux-Arts de Dresde. C'est dans ce cadre qu'il fait la rencontre déterminante de l'acteur Erich Ponto, qui décèle son potentiel comique et l'introduit sur les planches du théâtre municipal de Dresde en 1935. Après la guerre, il se produit dans des spectacles de rue avant de décrocher son premier véritable rôle à l'écran dans Ballade berlinoise en 1948, marquant le début d'une carrière cinématographique européenne prolifique. C'est toutefois sa rencontre avec le réalisateur Fritz Lang en 1960, qui lui confie le rôle de l'inspecteur dans Le Diabolique Docteur Mabuse, qui lui ouvre véritablement les portes d'une reconnaissance internationale, avant que les producteurs de James Bond ne le remarquent dans le film Ça s'est passé en plein jour, où il incarne un tueur en série.
Le rôle qui assure à Gert Fröbe une célébrité mondiale est incontestablement celui du trafiquant d'or Auric Goldfinger, ennemi juré de James Bond dans le film éponyme de 1964, où il donne la réplique à Sean Connery et Honor Blackman. Il incarne également le colonel Manfred von Holstein dans la comédie Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines en 1965, ainsi que le baron Bomburst dans Chitty Chitty Bang Bang en 1968, autre production inspirée de l'univers d'Ian Fleming. Sa participation au film Le Jour le plus long en 1962, qui retrace le débarquement de Normandie, ainsi que son rôle du général von Choltitz dans Paris brûle-t-il ? témoignent de la place centrale qu'il occupe dans les superproductions historiques européennes des années 1960. En 1980, il parodie avec humour son propre personnage de Goldfinger dans la comédie française Le Coup du parapluie de Gérard Oury, clin d'œil malicieux à sa carrière la plus célèbre.
Gert Fröbe doit une large part de sa formation artistique à Erich Ponto, comédien qui l'a initié à l'art théâtral au sein du Semperoper de Dresde et qui a révélé son sens inné de la comédie dans un contexte de récession économique difficile pour l'Allemagne des années 1930. Son passage par le cirque, où il pratiquait le mime et la jonglerie, a également nourri en profondeur son approche physique et expressive du jeu d'acteur, qu'il conserve tout au long de sa carrière européenne. Sa rencontre avec Fritz Lang en 1960 constitue par ailleurs un tournant artistique majeur, le réalisateur autrichien lui offrant l'occasion de démontrer un registre plus sombre et inquiétant que celui auquel il avait été cantonné jusque-là.
Le jeu de Gert Fröbe se caractérise par une présence physique imposante, associée à un sens aigu du détail et de la nuance, qui lui permet d'incarner avec une égale conviction des figures menaçantes et des personnages plus comiques ou bouffons. Sa stature et son visage massif, souvent associés à des rôles d'Allemand typé dans les productions européennes, ont fini par le cantonner à des emplois de méchant après le succès de Goldfinger, malgré la variété réelle de son registre d'acteur. Ne parlant que peu l'anglais, il a dû apprendre phonétiquement son texte pour le tournage de Goldfinger, ses dialogues étant finalement redoublés en post-production par un acteur britannique, une contrainte technique qui n'a en rien entamé la force de sa présence à l'écran. Cette capacité à instiller une menace crédible tout en conservant une dimension presque théâtrale et excessive dans le jeu a fait de lui l'un des grands seconds rôles du cinéma européen de l'après-guerre.
Gert Fröbe a collaboré à deux reprises avec le réalisateur Fritz Lang, notamment sur Le Diabolique Docteur Mabuse en 1960, une association qui marque un tournant dans sa carrière européenne. Il travaille également avec le réalisateur français Gérard Oury sur Le Coup du parapluie en 1980, film dans lequel il rend hommage avec humour à son propre rôle de Goldfinger. Sa collaboration la plus emblématique reste toutefois celle nouée avec l'équipe de production de James Bond, dirigée par Albert Broccoli et Harry Saltzman, dans le cadre du tournage de Goldfinger sous la direction de Guy Hamilton.
Gert Fröbe a été confronté après la sortie de Goldfinger en 1965 à une vive controverse concernant son adhésion au parti nazi entre 1929 et 1937, ce qui entraîne notamment le boycott du film dans plusieurs salles israéliennes pendant plusieurs mois. Cette polémique se résorbe lorsqu'un homme du nom de Mario Blumenau témoigne auprès de l'ambassade israélienne de Vienne que l'acteur avait aidé à sauver sa mère et lui-même des persécutions nazies durant la guerre, en dépit de son appartenance passée au parti. Cet épisode, largement documenté, a durablement marqué la manière dont l'histoire personnelle de l'acteur a été perçue et discutée dans l'espace public européen et international.