🎂 21/11/1942
📍 Paris, France
🌍 Française
Gérard Filipelli, surnommé « Phil », naît dans le Paris de l'Occupation et grandit dans les quartiers populaires de la capitale. Passionné de guitare dès l'adolescence, il écume les caves de Saint-Germain-des-Prés au début des années 1960. Sa rencontre avec ceux qui deviendront Les Charlots transforme sa vie et lance une aventure artistique de plus de vingt ans. Le groupe passe du statut d'accompagnateurs à celui de vedettes incontournables de la scène et du cinéma français. Phil, guitariste et compositeur, apporte la colonne vertébrale musicale à l'ensemble tout en développant un personnage de scène attachant. Il traverse les décennies avec une discrétion et une fidélité qui forcent le respect de tous ceux qui l'ont côtoyé.
Comme ses complices, Gérard Filipelli arrive au cinéma par la porte du succès musical des Charlots. C'est en accompagnant Antoine puis en développant leur propre répertoire parodique qu'ils attirent l'attention du monde du cinéma. Le producteur Christian Fechner, flairant le potentiel comique du groupe, leur propose La Grande Java en 1970. Phil n'a aucune formation d'acteur, mais sa présence scénique naturelle et son jeu de guitare expressif en font un personnage immédiatement identifiable. Le tournage se fait dans une ambiance de colonie de vacances, les cinq complices improvisant largement. Le succès public immédiat valide cette approche spontanée et lance la machine cinématographique des Charlots.
Dans la saga des Bidasses en folie, Gérard Filipelli incarne le guitariste débonnaire pris dans les situations les plus absurdes de la vie militaire. Les Charlots font l'Espagne le montre dans un registre de comédie d'aventure où son flegme contraste avec l'agitation ambiante. Les Quatre Charlots mousquetaires lui permet de manier l'épée avec une maladresse savamment orchestrée qui déclenche l'hilarité. Bons baisers de Hong Kong l'entraîne dans un pastiche de film d'espionnage où il multiplie les gags musicaux. Son personnage de guitariste lunaire, toujours un peu en décalage, constitue un ressort comique récurrent. Chaque film exploite sa capacité à rester imperturbable au milieu du chaos.
Gérard Filipelli puise ses influences musicales dans le rock américain des années 1950 et 1960, de Chuck Berry aux Beatles. Le cinéma burlesque de Buster Keaton et Charlie Chaplin nourrit son approche physique de la comédie. Il admire la tradition des comiques troupier français, de Fernandel à Bourvil, dont il retrouve l'esprit dans les films des Charlots. La culture des caves parisiennes et du jazz manouche imprègne sa musicalité et son rapport à l'improvisation. Il cite aussi l'influence du music-hall à la française, avec ses numéros collectifs et son énergie communicative. Son humour, fait de understatement et de décalage, doit beaucoup à la tradition comique britannique qu'il affectionne.
Le jeu de Gérard Filipelli se caractérise par un flegme imperturbable qui contraste délicieusement avec l'agitation de ses partenaires. Il est le pilier tranquille du groupe, celui dont la réaction minimaliste amplifie le comique d'une situation. Son expressivité passe beaucoup par la musique, sa guitare devenant un prolongement de son personnage. Il possède un sens du contretemps comique hérité de sa pratique musicale, plaçant ses interventions au moment le plus inattendu. Sa présence physique, légèrement voûtée et décontractée, crée un personnage immédiatement sympathique. Il ne force jamais le trait, préférant le sourire en coin à l'esclaffement.
Sa collaboration avec Jean Sarrus, Gérard Rinaldi, Jean-Guy Fechner et Richard Bonnot au sein des Charlots est le fil rouge de toute sa carrière. Le réalisateur Claude Zidi comprend immédiatement la dynamique du groupe et la transpose efficacement à l'écran dans plusieurs films. Christian Fechner, en tant que producteur, construit un véritable empire autour des Charlots au cinéma. Les Charlots travaillent régulièrement avec les mêmes techniciens et seconds rôles, créant une famille de tournage fidèle. La collaboration musicale au sein du groupe, où Phil compose et arrange, est tout aussi importante que le travail cinématographique. Cette stabilité d'équipe permet une complicité qui transparaît à chaque plan.
Gérard Filipelli reste très discret sur ses engagements, fuyant la médiatisation et les mondanités. Il soutient discrètement des associations musicales venant en aide aux jeunes musiciens défavorisés. Son attachement à la musique live se traduit par un soutien aux petites salles de concert parisiennes. Il participe à des événements caritatifs liés au monde du spectacle, toujours dans l'ombre. Sa générosité s'exprime surtout dans l'aide qu'il apporte à d'anciens musiciens en difficulté. Il considère que la musique et le rire sont des biens essentiels qui doivent rester accessibles à tous.